22 avril 2009
Un peu de moi...
Le 14 Avril, 18h35, Pala
Les deux semaines passées depuis mes derniers écrits ont été bien longues… la chaleur grimpant sans cesse, inversement proportionnelle à la courbe de mon moral… Heureusement que j’ai de quoi m’occuper côté boulot, cela me permet des matinées bien remplies où le temps passe un peu plus vite. Quelques bons bouquins sont aussi les bienvenus lorsque le mercure nous écrase et qu’il faut se changer les idées ! La difficulté, et le défi je crois, qui réside dans cette coopération demeure le sentiment de solitude au quotidien. Solitude non pas à subir, mais à choisir pour pouvoir la transformer en positif… facile à dire mais pas toujours simple ! Et puis, si je suis là, c’est bien mon choix non ?! alors rien ne sert de trop se morfondre…
Si j’ai l’initiative de reprendre ma plume ce soir, c’est qu’un changement significatif s’est opéré : il a plu ce matin !!! J’ai enfin dormi comme un loir cet après midi, mon corps en avait grand besoin après les longues nuits transpirantes des semaines passées. Alors voilà, un peu de fraîcheur et ça change tout ! Encore deux ou trois grosse pluies, et ce sera parfait ! En effet, pour le moment l’humidité a grimpé et la température a chuté… mais si le soleil pointe son nez, le résultat risque d’être pire que bien car chaleur + humidité : c’est ce que nous avons vécu ces derniers jours, l’idéal pour dégouliner toute la journée !
Autre raison pour laquelle on attend les prochaines pluies avec impatience : l’odeur !... La première vraie pluie d’aujourd’hui a tout trempé, mais pas encore tout nettoyé… Les tas d’ordures et latrines à ciel ouvert exhalent un parfum dont on se passerait bien ! L’air est chargé de puanteurs dont on se demande parfois comment elles peuvent être aussi forte ! Mais la fraîcheur nous fait oublier ce « détail » et tout le monde se réjouit de cette annonce e saison des pluies ! Même les moustiques qui s’étaient planqués on ne sait où, et qui réapparaissent tout à coup par grosses nuées, ne suffisent pas à ébranler la joie qu’on peut lire sur les visages. Ces dernières semaines, comme chaque année en fin de saison chaude, ont été chargées en décès et places mortuaires… c’est impressionament triste, et cela me rappelle cette même période il y a un an… on se sent impuissant, les maladies fleurissent d’un peu partout, et les annonces de morts s’élèvent régulièrement par les pleurs des femmes qui, à l’unissons, crient comme le veut la culture…
Le 18Avril, 22h37, Pala,
Rares sont les moments où l’envie d’écrire se fait aussi forte, alors profitons en ! Comme un besoin de suspendre le temps pour raconter un peu ces tas de choses du quotidien, cette période que je vis où les changements sont nombreux, et que la peur de l’oubli me dicte de mettre à plat !
Il fait très humide, d’une fraîcheur relative… Un cabaret a eu la bonne idée d’ouvrir tout prêt de chez nous, et c’est sur des rythmes endiablés, en boucle, doublés des chants de grillons que j’écris. Quelques chiens s’égosillent, comme d’habitude… Les chauves souris aussi n’ont pas cessé leur sifflement régulier, on dirait des réveils électroniques, je m’y suis presque habitué…
La dalle de mon boucarou transpire sur toute sa surface, l’humidité remonte, et les termites avec, profitant des joints et fissures pour se hisser en petites cheminées de terre et d’argile qu’elles vont puiser – paraît-il – très profond ! Cela forme de petits serpentins rouges, très fins, qui s’élèvent de 5 à 10 cm du sol et se brisent au moindre effleurement. Heureusement qu’il n’y en a pas de trop, juste de quoi m’amuser !
Les murs de ma chambre sont maintenant presque entièrement tapissés des cartes postales reçues au fil des mois. Elles me rappellent le temps écoulé, les nombreux liens –aussi faibles soient-ils – avec ceux qui ne m’ont pas oublié... Je me sens décidemment vraiment bien dans cette chambre, ma petite bulle à moi où je peux me retirer tranquille ! Cela me fait sourire de penser aux premières semaines où il avait fallu retaper cette petite case qui n’était qu’un gros débarras sombre et poussiéreux... J’ai fait fabriquer une belle étagère à la menuiserie pour pouvoir y ranger les piles de livres que s’entassaient n’importe où, ne laissant plus aucune place sur mon petit bureau. J’ai aussi pu me procurer un fauteuil, idéal pour les lectures… Tous ces petits aménagements ont déjà quelques mois mais je n’en avais pas encore parlé, et ils sont bien agréables et de grande utilité dans un quotidien de simplicité !
Mise à part les termites, j’ai quelques autres colocataires plutôt sympas. Discrètes et peu encombrantes, les grosses araignées plates sont ici chez elles, complètement inoffensives… J’ai aussi quelques Geckos – espèce de lézard à ventouses – qui squattent toujours entre le mur et ma serviette de bain humide, là où il fait bien frais, pas cons ! Je me dis qu’ils doivent nettoyer les quelques moustiques et papillons de nuit de plus en plus nombreux avec l’arrivée des pluies.
D’ailleurs, parlons-en, il a encore plu ! Hier après-midi, une bonne grosse trempe qui nous a fait perdre encore quelques degrés, une bénédiction ! Avec elle, des centaines de grenouilles, sorties d’on ne sait où, ont envahi les rues. Je les entends en fond sonore, il y a une marre pas loin de chez moi… Lors de ma balade quotidienne, il y a deux jours, j’ai joué avec une ribambelle de gamins qui pêchaient les grenouilles pour s’amuser, dans la fameuse marre près de chez moi. Ce point d’eau est la zone où les femmes viennent puiser l’eau grâce à un puit censé jouer le rôle de filtre… C’est aussi le lieu des lessives… Ce qui explique qu’il y ait toujours pas mal de monde ! Vous ne me croiriez pas si je vous décrivais la couleur de l’eau que puisent les gens, sachant que c’est l’eau « du quotidien »... Il y a aussi quelques « pousse-pousse » qui viennent remplir leurs bidons d’eau pour ensuite les revendre au quartier à 50 Fcfa l’unité.
Pour en revenir à nos grenouilles, les enfants s’improvisent une canne à pêche : un bâton et une ficelle au bout laquelle une sauterelle, grossièrement attachée, pendouille… C’est tout ! il n’y a plus qu’à poser l’insecte sur l’eau pour voir des dizaines de grenouilles se précipiter sur l’appât, c’est impressionnant et surtout très rigolo ! Le plus drôle est de voir que les enfants en ont une peur bleue, et que si par hasard un batracien venait à sauté sur l’un d’eux, c’est la panique générale, avec de grands éclats de rires quand même, c’est un jeu ! Il fallait voir leur tête lorsque je leur ai dit qu’on leur mangeait les cuisses dans mon pays… L’hilarité totale, même les mamans qui restent en retrait et n’interviennent pas d’ordinaire…
Ma balade quotidienne est pour moi un vrai point de repère, moment où je me change les idées, et surtout où je rencontre de plus en plus de monde. Les enfants sont ma joie du jour, et les jeux ne manquent pas. Je les adore, et je crois bien que c’est réciproque… Il me faudrait 3 têtes pour retenir tous les prénoms ! Mais je commence à en connaître déjà pas mal et une vrai relation se tisse ave certains. Je pense qu’ils seront ceux que je regretterai le plus en partant… j’en suis même sûr ! Souvent je m’assois avec eux, sur le sable, sous le ciel, dans le bonheur… leurs mines réjouies et malicieuses me font craquer ! Beaucoup de choses passent par le regard puisque peu d’entre eux comprennent le Français. On joue à plusieurs choses, jeux de mains, avec des brindilles, courses, grimaces, tours de magie, chants, farandoles, « attrape moi si tu peux »… je retombe dans ma plus tendre enfance, c’est tellement bon cette insouciance !
Cela contraste avec mes matinées bien chargées où j’ai vraiment pas mal de boulot… D’ailleurs, j’ai pas très envie d’en parler ;)
Alors qu’on formait un joli cercle de Gnômes, qu’on se tapait dans les mains et qu’on rigolait bien, un adulte passant à côté de nous me salue « Bonjour mon Ingénieur »… (ici on appelle les gens par leur fonction : mon chef, mon procureur, mon comptable… c’est un signe de respect). Alors je me suis vu avec cette troupe de nez coulants, de ventres nus, de faces crados, de pieds crevassés, de mains calleuses, de culs terreux qui sont mes amis malgré nos différences d’âge, de culture et de situation. Cela m’a fait comme une douche froide qui me rappelait à la réalité dans un moment de simple joie… A vrai dire, cela m’a fait bizarre.
Je ne sais pas trop ce que pensent les adultes de mon attitude avec les enfants. Ce n’est tellement pas dans la culture Tchadienne qu’un homme joue avec des petits… Je sens bien que certains se méfient un peu, me regardent du coin de l’œil l’air de dire « qu’est ce que tu es en train de manigancer avec nos enfants ?... Ceux la même dont les enfants, sans arrières pensées, se jettent dans mes bras avec des étoiles dans les yeux !
Ah là là, je me demande quelle interprétation un lecteur bien Français, derrière son écran d’ordi, peut il avoir de ce que je raconte… Passé-je pour un fou ? Et bien tant pis, je le reste ! Toute cette authenticité me fait du bien, toute cette simplicité…
Il est minuit 22, les coassement des grenouilles ont doublé les grillons qui sont passés en arrière plan, les chiens ne semblent pas plus fatigués qu’il y a 2 heures, le cabaret non plus… c’est dans cette ambiance humide que je vais rejoindre mon bateau à rêves, le cœur plus léger d’avoir écrit tous ces petits instants qui suffiront à raviver tous les souvenirs quand j’en aurai besoin…
Je suis heureux…
09:24 Publié dans 19) Avril 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02 avril 2009
Désolé, c'est du condensé !
Pala, le 12 mars 2009, 20h39
Qui l’eu cru ?! Sûrement pas moi… Comme je le disais dans la dernière news de la dernière page de mon carnet, je n’aurais jamais pensé entamer un deuxième journal de bord ! Bien qu’il ne me reste que quelque mois la fin de cette expérience Tchadienne, je vais tenter de ne pas couper le fil de ces écrits qui seront la seule trace concrète pour subvenir à ma mémoire qui flanchera un jour ou l’autre, et peut être avant que vous ne le croyez ! Voici donc un livret vierge flambant neuf, acheté « au cas où » lors de mon congé en France, pour recevoir les quelques aventures ou autres instants du quotidien qui me seront encore donnés de vivre.
Petit tour d’horizon rapide sur le travail que j’ai en ce moment, et dont je n’ai pas parlé depuis trop longtemps. J’ai passé mes deux dernières semaines sur l’étude d’un projet multi-facettes que j’avais évoqué il y a quelques mois : le centre pour sidéen « Greth Marty », en souvenir d’une sœur qui a consacré sa vie pour la lutte contre le Sida, principalement à Pala.
Pourquoi multi-facettes ? Car de nouveaux bâtiments sont venus se greffer au projet initial : un dépôt pharmaceutique (160m²), ainsi que la rénovation d’une très vieille école en locaux de formation / réunions… (252m²). Le bâtiment principal, qui est au cœur du projet, n’a pas changé par rapport aux plans effectués il y a 8 mois.
Estimation du coût total des travaux d’environ 222 000 euros… mieux vaut pas s’planter dans les calculs ! Mes derniers jours ont donc été consacrés à établir des plans et devis détaillés, sans oublier les aspects de plomberie, d’électricité, sanitaires, raccordements,… bref, j’apprends énormément de choses chaque jour, et c’est tt de même passionnant !
En parallèle à ce gros morceau, un chantier en cours à Torrock, une étude en cours pour une aire de prière couverte à Tikem, une étude pour une aire de prière à Koumi, Fianga qui traîne péniblement sur les finitions, un oratoire pour les sœurs ursulines, et bien sûr les ateliers diocésains que je tente toujours de superviser de mon mieux. Aujourd’hui, seuls la quincaillerie, la menuiserie et l’atelier d’électricité demeurent sous ma casquette. La soudure a été fermée il y a 5 mois car beaucoup d’artisans au quartier se sont développés, et peuvent maintenant être des sous-traitants (c’est ça aussi le développement !), et j’ai demandé à ne plus m’occuper du garage.
Autant dire que je ne m’ennuie pas !
Pour parler de l’aspect plus quotidien, j’oscille toujours entre des moments de grande remise en question, « qu’est ce que je fais là ? », moral à plat et peu de divertissement pour remonter la pente, et des moments plus serein où j’arrive à transformer le vide et la solitude ressentie en actes / actions positives et constructives. J’ai d’ailleurs entrepris la saisie informatique de toutes les notes prises ces six derniers mois, il ne me reste plus qu’à relire ma copie et je pourrai l’imprimer. Ces notes sont pour moi le nectar qui m’a fait avancer, qui m’a façonné de nombreuses réflexions et m’a ouvert les yeux sur certaines « vérités » qu’il est parfois difficile de découvrir seul, par soi-même. Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir prit de notes des bouquins qui m’ont passionné l’année dernière, peut-être aurai-je le courage de les relire un jour, à mon retour ?
Le manque de tous ceux qui me sont chers se fait de plus en plus lourd, mais l’horizon de plus en plus proche de mon retour transforme parfois ce fardeau en grand joie, espérance, attente délicieuse… Vous l’aurez compris, j’ai (un peu) hâte de rentrer !... et surtout de vous retrouver !
Merci aux quelques fidèles lecteurs qui continuent à me soutenir dans l’ombre, par mail, lettres… Clin d’œil à Michel et Sabine pour leur délicieux commentaire, j’ai toujours beaucoup de joie à recevoir quelques nouvelles familiales !
Bonne suite à chacun, et j’ai envie, pour le première fois, de vous dire,
« A bientôt… »
19 mars, 8h08, Fianga.
Je traverse probablement l’une des plus grosses déceptions du boulot de constructeur que je fais. Me voici à Fianga où je suis censé prononcer la réception provisoire, comme prévu depuis 3 mois. A chaque fois que je viens, c’est pour constater un chanter inachevé, dont les finitions sont catastrophiques…
Après des heures d’explications, de discussions, de croquis, etc… pour tenter de terminer le travail « correctement », je constate à quel point le sens du mot « finition » varie de notre culture Française à la culture Tchadienne. Je constate avec impuissante que la chape se fendille déjà, et je me demande si ce n’est pas carrément la dalle qu’il faut remettre en cause… Aïe, aïe… je comprends petit à petit que l’ « entrepreneur » n’est en réalité que soudeur, et qu’il m’a toujours parlé au nom d’une entreprise effectivement existante, mais pour laquelle il n’a jamais fait autre chose que de la charpente métallique !
Je me mords les doigts de ne pas m’être assez renseigné sur les compétences / constructions déjà réalisées… et d’avoir seulement fait confiance à Giulio, un père de Fianga, qui connaît « l’entrepreneur » pour sa bonne volonté, mais dont les connaissances sont en réalité bien trop limitées…
Coup dur pour le moral, difficile de ne pas culpabiliser… cela me servira de leçon, et il sera désormais absolument nécessaire qu’une personne sur place puisse surveiller l’évolution du chantier pour tout nouvelle construction ! J’ai maintenant « arrêté » le travail avec « l’ entrepreneur », et vais devoir reprendre une partie du boulot avec quelqu’un d’autre…
Quelle déception…
Le 24/03/09, 18h32, Pala
Le vent souffle depuis ce midi, un vent du Nord, chaud, sec, chargé d’une poussière qui prend à la gorge. Inlassablement, il souffle, il souffle, il souffle…
Le soleil a eu la matinée et le début d’après midi pour réchauffer tout ce qui se trouve au sol, et maintenant qu’un gros nuage de poussière s’est confortablement installé, la température ne peut plus descendre comme à son habitude lors de la tombée de la nuit. Le thermomètre affichait 44°C cet après midi et, je pense qu’à l’heure où j’écris, il doit faire un bon 38 margé la disparition du soleil il y a plus d’une heure.
Cela fait 3 jours, ou plutôt 3 nuits que j’ai sorti un lit dehors, pour dormir dans la fraîcheur relative qu’offre le retrait du soleil. C’est très agréable, j’adore me glisser sous les étoiles et les ombres géantes du grand Baobab de notre jardin. De toutes façons, il fait trop chaud à l’intérieur de ma petite case pour se reposer réellement. J’en profite pour ouvrir mes fenêtres et ma porte en grand, ce qui me permet dans l’après midi de siester « au frais » à l’intérieur, alors qu’il fait une chaleur intenable à l’extérieur. Je me demande désormais comment faire avec toute cette poussière qui nous envahit… je n’ose pas ouvrir mon boucarou que j’ai nettoyé entièrement la semaine dernière (et la propreté reste toujours relative ici ;)), j’hésite à dormir dehors étant donné un début de mal de gorge lié à ce satané vent de sable. Je dois choisir entre la chaleur et la poussière pour cette nuit… je me tâte encore…
On ne peut pas imaginer ce qu’est l’harmattan si on ne l’a pas vu… c’est le nom de ce vent inépuisable qui gringotte petit à petit le paysage et le recouvre d’un manteau de sable fin venant du désert. Il étend d’ailleurs l’emprise des dunes au Nord du pays, asséchant tout sur son passage, et obligeant des villages entiers qui vivaient d’élevage et d’agriculture il y a encore 40 ans, à descendre plus au sud afin de trouver des terres moins arides. Il faut bien admettre que les conditions climatiques sont rudes au Tchad, alors que Pala est située dans la partie sud du pays et bénéficie d’un climat plus clément qu’à N’djamena ou Abéché par exemple. Je plains mes quelques amis coopérants qui sont à la capitale en ce moment !
Cet après midi je suis allé faire un tour, comme souvent pour me changer les idées et marcher un peu. J’ai été assez chouchouté aujourd’hui par les nombreux bambins que je croise à chaque fois. Je suis étonné de les voir toujours aussi émerveillé, lorsqu’ils m’aperçoivent, après plus d’un an de rencontres régulières !
Parmi ces enfants, il y en a de toutes sortes : de minuscules kirikou nus avec un collier de perles aux hanches, de vrais petites constructeurs dont les jeux sont la confection de mini-briques, pour ensuite faire de mini-maisons, sans oublier de faire cuire les mini-briques avec de mini-charbons…. D’autres sont des footballeurs dans l’âme, donnant lieu à des matchs animés, dans une poussière ambiante que soulève leur courses effrénées et leurs tacles endiablés. Il y a aussi des petits musulmans dans de minuscules boubous (tuniques) sales et rapiécées, et de grands foulards brodés aux milles arabesques de fils dorés pour les jeunes filles.
Certains, et même la plupart des visages me touchent beaucoup. Une innocence et une candeur émane de ces figures charbonnées, malgré ces habits loqueteux et toutes ces mains collantes (c’est la saison des mangues !), deux grands yeux rond et un large sourire malicieux… je suis aux anges ! Certaines petites filles ont de grands anneaux aux oreilles, nattées serrées, ou aux cheveux dressés en pics saucissonnés de fil scoubidou noir, le ventre à l’air, parfois nues, l’authenticité africaine dans toute sa beauté culturelle et primitive !
Le jeu le plus fréquent, et peut être le plus universel pour des enfants face à un adulte, c’est « l’avion »… ça n’a pas de frontière ! Combien d’enfants ai-je eu la joie de faire tourner dans les airs cet après-midi ? Je n’en sais rien, mais c’était tellement bon !
Il y a tant de petites anecdotes insolites et extra-ordinaires qui agrémentent mes promenades que je ne peux toutes les citer. Je suis très souvent subjugué par l’inventivité et l’imagination des enfants pour se divertir et de fabriquer des jeux avec les moyens si simples qu’offrent les rues d’ici… de la terre, de la paille, quelques morceaux de plastique, des rondelles de mousse découpées dans de vieille tongues, un bout de ficelle… et voilà un bœuf qui tire une charrette sous les applaudissements des spectateurs ! chacun veut essayer de tirer l’ensemble qui ne mesure pas plus de 10 cm… et tous les détail sont là, le joug, les brancards, le « cocher », le chargement de paille, les roues…
Ces instants sont inoubliables.
Laï, le 29 / 03/ 09, 7h30
Petit week-end reposant et déconnectant à Laï où nous sommes venus avec Jean-Baptise vendredi après-midi. Nous logeons chez les coopérants d’ici, Jean-Nicolas et Alice, ainsi que Mariu et Manu le couple d’espagnols. Tous étaient venus à Pala début février. Le changement d’air et les échanges avec d’autres DCC font toujours autant de bien. Surtout avec cette arrivée de la chaleur qui rend l’atmosphère quotidienne parfois bien difficile. Nous nous sommes baignés dans le fleuve Logone… quel bonheur inexprimable que toute cette eau dans un pays si chaud !
Nous sommes aussi allés rencontrer nos amis les hippos, un groupe d’une quinzaine de mastodontes stagnants à fleur d’eau, avec quelques couples et jeunes qui s’ébattaient en grandes aspersions d’eau et surgissements spectaculaires, gueule ouverte, quel numéro !
Hier soir, nous avons fait du pain, des pizzas, et une tarte à la mangue (merci JN!) dans un four à bois qui a été construit il y a moins d’un mois. Encore un des petits du four de Pala puisqu’il a été fait selon le même modèle et les mêmes plans (merci internet !). Même après un moment, j’entend encre ici et là des construction de fours, et j’en suis toujours un peu fiérot, bien que rien ne m’appartienne…
Le dîner était vraiment très réussi, il y avait même du délicieux jambon et fromage from Espagne & France… wonderful !!!
La maison semble se réveiller doucement, le soleil est déjà bien prononcé, je transpire déjà… c’est bientôt le petit déj, avec le pain d’hier… Mmmmm… et bonne journée !
Photo prise hier sur le chantier Greth Marty qui vient tout juste de commencer.
20:29 Publié dans 18) Mars | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



