30 septembre 2008

AAOUUUUUUUUMMMM.....

Dimanche 21 sept 08, 9h16, Miséréor
Et hop ! Une semaine que je n’ai pas vu passer ! Une semaine super d’ailleurs, toute simple, non sans quelques difficultés à abattre le boulot que j’ai, mais avec beaucoup de sérénité, de paix, de positivisme. Pour en avoir bien discuté avec Philippe, mon accompagnateur (rencontre d’une heure toute les deux semaines), je me différencie petit à petit de mon travail, je cesse de m’identifier uniquement à la mission technique qui m’a été confiée, et je respire un peu, enfin ! Tout ceci est lié à une découverte qui va vous faire rire… : le Yoga ! Aouuuummmmm….
N’allez pas vous imaginer que je plane des heures en sustentation à 2 mètres du sol, ni que je fais le poirier sur la tête !.... En réalité, c’est beaucoup plus simple : ce sont des exercices de respiration, de postures, d’assouplissements du dos, d’équilibre, d’attentions aux « énergies » dont nous avons tous besoin. La nourriture est la première qui nous vient à l’esprit, mais l’eau, l’air, le soleil sont aussi vitaux !

Concrètement, c’est un quart d’heure à une demi-heure d’exercices par jour, tranquilles (lents), et une attention un pue plus soutenue aux postures que l’on prend dans la journée (assis et debout principalement), et à la respiration quand on y pense. C’est Maman qui va être contente, son fiston commence enfin à se tenir bien !...  Faut dire que grand et mince comme je suis, j’ai toujours eu tendance à me tenir comme un saule pleureur, et je ne pensais pas qu’une « bonne tenue », une fois prise, est plus reposante qu’un laisser aller au patachonnage.
J’ai oublié de vous dire comment j’avais rencontré/découvert cet art : Suite à une discussion avec Isabelle et Rica, toutes les deux connaisseuses en la matière, je me suis fait prêté un vieux livre de 1960 par le Frère Hervé (78 ans environ) qui s’est souvenu avoir un bouquin là-dessus : « Yoga chrétien en 10 leçons » de J-M Déchanet !... Je ne vous le cache pas : le titre n’est pas du tout attrayant !… Comment trouver un lien entre les chrétiens et les pratiques des moines Tibétains ?... Bref, qui ne tente rien n’a rien, et finalement je trouve les exercices vraiment intéressants, « zénifiant »…
Je vous en dirai plus lorsque je saurai faire le grand écart facial et la « position du Lotus bleu qui s’endort au coucher du soleil levant » (je blague), mais c’est pas demain le veille ;)…

Côté quartier, je n’arrête pas de me faire inviter (ou parfois je m’invite !) à droite à gauche… résultat, je n’ai mangé qu’une fois à la maison cette semaine. D’ailleurs, ce midi, c’est re-belotte chez Jean Luc et Isabelle avec qui je vais faire du pain ce matin, et ce soir ce sera avec Patrick, comme hier, vive la boule !

Vous l’aurez compris, je prends les moyens de voir la vie en rose, et c’est tellement plus agréable ! Sans oublier le jardin que je soigne un peu chaque jour… En ce moment il y a plein de « pommes-canelles », goût indescriptible, et d’après moi le meilleur fruit au monde ! Il y a aussi les goyaves et un gros régime de bananes en cours… la nature sait vraiment bien prendre soin de nous lorsque nous prenons un minimum soin d’elle…

Allez, bonne journée, et bonne reprise !



Le 27/09/08, 10h16, Pala
Salut à tous, et bon week-end puisque c’est le début ! ;) Juste pour dire que tt va bien même si je me sens un peu seul sans autres coopérant. Le boulot ne manque pas et je sens qu’il serait bien facile pour moi de me « réfugier » dedans pour tromper la solitude… Mais j’essaye d’avoir une vie à peu près « équilibrée » et de prendre soin de moi un minimum. Pas si facile de se faire un peu de cuisine correct lorsqu’on est seul (et qu’on n’a pas de frigo!). Alors je prend le temps et les moyens d’aller au marché, de m’occuper un peu du jardin, d’acheter du lait presque tous les jours… bref, je m’organise pour ne pas sombrer dans le « pâtes aux oignons sauce tomate » à chaque dîner… J’ai d’ailleurs une nouvelle super copine !!! C’est Ginette Mathiot qui a écrit un livre de cuisine, peut être que nos grands-mères la connaissent ? L’état du bouquin est catastrophique car je l’ai trouvé au fin fond d’un tiroir dégueulasse et qu’il semble avoir sacrément servi (il date aussi de 1955…) ! On arrive encore à lire les recettes, c’est l’essentiel !

 


cuisine pour tous_ginette mathiot.JPG



PS: clin d'oeil à Marlène pour sa recette de cake... c'était tellement bon que j'ai mangé tout d'un coup !

Cake.JPG

J’essaye aussi de m’accrocher au Yoga, mais pas facile lorsqu’on a un esprit « à l’européenne » d’accepter de prendre une vraie demi-heure pour soi, juste pour soi, calme, tranquille, sans penser à ce qu’il va se passer après, en mettant de côté nos soucis… Pensez vous pouvoir y arriver ? Si oui, c’est bien ! Si non, ne trouvez vous pas étrange de ne pas être capable de prendre une demi-heure (sur 24 !) juste pour soi ?... à méditer ;)…

Mon matelas commence à ressembler à du béton car avec l’humidité (et mon poid !) le coton se tasse… Alors je me suis fabriqué un hamac super confortable ! L’idée m’est venue lors de ma visite chez Jean-Luc et Isabelle le week-end dernier car ils ont 2 hamacs pour siester (en provenance du Mexique, le pays du hamac donc les meilleurs !) J’ai trouvé un tissu à peu près solide et aéré, ai fait coudre les extrémités par un petit tailleur du quartier, puis j’ai tressé les extrémités avec de la cordelette en coton. Je n’ai pas encore essayé de dormir dedans mais ça ne va pas tarder étant donné la dureté de mon lit ! Ce sera aussi pour les siestes indispensables en saison chaudes…

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Dimanche 28/09/08, 17h10, Miséréor
Premier essai dans mon hamac, tout a très bien commencé jusqu’à 2h44 du matin ou un orage assez violent m’a réveillé. Dans ces moments là, on tient des raisonnements pas forcément très logiques : mon hamac étant attaché à l’armature du toit en paille, je me suis mis à imaginer qu’il risquait de s’envoler avec le toit… C’est con comme raisonnement hein ? Enfin, pas si con lorsqu’on sait que 3 énormes arbres se sont déracinés la semaine dernière lors d’un orage similaire… Par-dessus ça est venu le clapotis des gouttes d’eau sur la bâche qui me protège (le toit n’est pas vraiment hermétique…), alors j’ai préféré rejoindre mon lit et me rendormir contre le mur (au cas où un gros arbre tomberait sur mon boucarou, je serai mieux protégé…) bref, un peu la psychose pour finalement rien de méchant ;)

J’ai retrouvé ce matin ma colline qui n’a pas perdu de sa verdure, au contraire ! C’est toujours aussi beau… Et les oiseaux bleus dont je parlais encore il y a 6 mois, et que je désespérais de ne plus voir, sont revenus camouflés ! Ils sont gris, et pas de doutes, ce sont bien les mêmes… Ma petite paire de jumelle achetée lors de mon congé est idéale, si seulement vous pouviez voir ce que j’observe, c’est magnifique, je suis sûr que ça vous plairait si vous la nature ! Même gris, les « futurs oiseaux bleus » ont gardé leur allure si particulière, un énorme bec orange courbé vers le bas… Vivement qu’ils changent de couleur !

Regardez comme c'est vert ! (spéciale dédicace à Bastian: on peut voir sur la photo les restes de notre feu lors de notre nuit à la belle étoile)

Colline feu.JPG

18 septembre 2008

La vie reprend, et plutôt bien !

Le 11/09/08, 17h53, Fianga
J’ai beau être seul, je ne m’ennuie pas ! En tout cas, pas encore… Mon retour à Pala est plutôt chargé en retrouvailles et occupations diverses. La maison semble avoir été traversé par une tempête de crottes de rats, à moins que ce ne soit des margouyas… Les araignées aussi s’y sont donné à cœur joie et une pleine après midi n’a pas encore suffit à mettre de l’ordre là dedans ! Le jardin avait des allures de forêt vierge avant que je n’y passe quelques heures à le nettoyer. Il faut dire qu’il a beaucoup plu le mois dernier. Tempête et eau, tout ce qu’il faut à la flore pour se répandre en un rien de temps !
Ce nettoyage général, pour ne pas dire de printemps, est l’occasion de commencer à semer quelques courges, melons, concombres, sans oublier la pépinière de salades, tomates et aubergines. J’espère m’y tenir un peu plus sérieusement que l’année dernière… En tout cas, ce retour aux sources terrestres me réjouit vraiment. Le travail de la terre a tout de même quelque chose de particulier, c’est très agréable, « sérénisant », cela me fait entrevoir la solitude différemment.

J’ai bien sûr retrouvé Blaise, Mariam, Patrick, Marcel, Les tchadiens avec qui le courant passe le mieux. Pour la très bonne nouvelle, Blaise est papa d’un petit… Sylvain ! Né pendant mon congé en France, je n’avais pas encore pu saluer mon homonyme d’à peine 3 semaines. Pour le nom, c’était Sylvain ou Valérie, en fonction… J’ai eu de la chance !

petit sylvain 2.JPGpetit Sylvain 1.JPG

 

Sylvain et sylvain !.JPG


Pour la moins bonne nouvelle, Rica (dont je n’ai pas encore eu l’occasion de parler dans mes précédents écrits, expatriée allemande) a décidé de rompre son contrat pour rentrer au pays. Elle était à Gounou-Gaya, parachutée dans une immense maison, au milieu d’une toute petite ville, bref, de quoi déprimer… Je la comprends tout à fait ! En réalité, je crois que ça me touche toujours un peu de voir des gens quitter définitivement la région, comme si j’avais le sentiment que ça ne m’arrivera jamais ;)

Je suis maintenant à Fianga pour le couvent en construction, qui a d’ailleurs bien avancé, la maçonnerie est presque terminée. C’est vrai qu’avec les murs, le résultat change tout de suite ! Ca me paraît énorme même si ça ne l’est pas tant que ça : 325m² de plein pied, 6 chambres, une petite chapelle, une buanderie, 2 wc, et le tour est joué ! Il y a forcément quelques petits problèmes de qualité dans les finitions et je crois qu’un enduit va être indispensable pour recouvrir tout ça ! Malheureusement nous ne sommes pas crésus et je redoute encore de l’annoncer à mes « supérieurs »… Bref, la reprise…

Lors du trajet aller, passage de ma moto sur le pont « artisanal » à "Balagny" :

pont balagny.JPG


Côté moral, rien de particulier, j’évite de trop penser à la France et à l’année à venir. Vivre au jour le jour est à mon avis la meilleure attitude à avoir. La routine n’a pas encore eu le temps de s’installer, ça risque d’être plus dur lorsque je serai posé seul à Pala… On verra ! Pour le moment, ça va !

Vive la France ;).


Samedi 13 Sept 08, 23h00, Pala
Un an… Pile poil ! La moitié !? Je ne sais pas bien quoi dire entre « c’est tout ? » et « déjà !? ». Lorsque je sens la pile d’écrits sous ma plume, j’ai quand même la preuve qu’il s’en est passé, une quantité de choses… Je me demande d’où m’est venu la persévérance / régularité qui m’ont permit de remplir ce carnet ! Toujours est-il qu’il n’y a aucune raison qu’il ne m’arrive pas autant d’aventures pendant cette 2ème année que lors de l’année désormais écoulée.

Je crois que, si j’avais rencontré, il y a un an, un type ayant écrit autant d’histoires en une année, et bien je crois qu’il m’aurait un peu impressionné… Et maintenant que je suis ce bonhomme, je me rend compte à quel point j’aurais eu tort de le croire (ce type) si ?… « aguerri », « connaisseur », peut être même un peu « sage » ?...

Tout ça pour dire que, certes l’expérience que je vis est profondément chamboulante, qu’elle suscite voire impose beaucoup de questions, qu’elle me transforme certainement un de l’intérieur… mais je sens que je reste avant tout Sylvain Coutellier (heureusement !), nassara parmi des Tchadiens, européens parmi des africains, pleinement humain, avec toutes les faiblesses que cela implique.
Ma découverte, c’est ma limite, où plutôt mes limites… et finalement, c’est moi que je suis venu rencontrer au Tchad ! En venant vivre avec d’autres, autres que moi, issus d’une culture différente, d’une logique incomparable, je dois forcément m’identifier, me distinguer, comprendre ce qui me fait / rend différent d’eux : « pourquoi pensent-ils comme ça ? » s’accompagne forcément de « pourquoi ai-je ce raisonnement ? »… à moins d’être borné !
Je ne sais plus qui disait, à juste titre :

« le plus court chemin de moi à moi-même, c’est l’autre »…

Voilà un des fruits de cette coopération que j’arrive à formuler au bout d’un an… Si on compte tous ceux que je n’arrive pas à exprimer + ceux que je n’ai pas encore réalisé + ceux qui me sont réservés pour l’année à venir + ceux que je ne pourrai comprendre qu’à mon retour… J’en déduis que ces deux années sont un très bon investissement ! ;)

En voici une bonne raison pour entamer cette deuxième moitié d’aventure avec la tête haute !
Il faut positiver comme on peut !...

09 septembre 2008

Avec bcp de retard...


Re-bonjour à tout le monde ! Me voilà reparti pour un an de coopération à Pala, motivééé ! Je n'ai pas eu le temps de recopier mes derniers écrits, alors je vous transmets ceux qui datent d'avant mon mois de vacances et que je n'avais pas pris le temps de mettre sur mon blog...

à très bientôt pour des nouvelles plus fraîches... euh... plutôt humides et chaudes en fait ;)
Ciao !

PS: dsl pour les fautes s'il y en a, pas le tps de me relire !

Le 28/07/08, 18h48, Fianga
Vert, vert, vert… Tout est vert ! Les paysages arborent une flore luxuriante d’herbes et de champs, maïs, arachides, jeunes pousses et pousses déjà bien avancées. Les caïcédrats ont retrouvé leur feuilles et les pluies leurs sillons qu’elles creusent un peu plus à chaque fois, créant de petits ruisseaux un peu partout sur les routes et de petites rivières sur les bas côtés. Hier, il est tombé 47mm en 1h, ce qui n’est pas énorme pour ici, mais serait considéré comme un gros orage chez nous. Le ciel s’assombrit en un rien de temps et la nuit nous surprend avant l’heure. Le trajet de ce matin pour venir à Fianga fût un vrai plaisir… Le soleil matinal caressait de ses rayons chaque scène qui se découvrait à moi, libre comme le vent sur mon fidèle destrier Honda… Des odeurs en tout genre se dégageaient des paysages chargés d’humidité et de verdure, des odeurs agréables, douces, mielleuses, 100% naturelles ! Une bande de 3 à 4 m de large en latérite pour les bons endroits, en eau boueuse pour les moins bons, fait office de route, tranchant distinctement son rouge avec le vert ambiant. Le temps est au sarclage, certains retardataires labourent en hâte des carrés de terrain desquels ils obtiendront de quoi nourrir leurs familles. « Les femmes et les enfants d’abord !... », il faut bien reconnaître qu’on les voit plus nombreux que les hommes aux travaux harassants de l’agriculture locale. Plié en deux, d’une souplesse déconcertante, ils nettoient, plantent, labourent, sarclent… avec une petite bêche que l’on nomme ici une « houe ». Seuls les labours avec les bœufs ne regardent que les hommes…
Toute cette nature est d’une harmonie calme, qui me laisse béat par sa beauté, par sa grandeur, par son mystère, par sa vie éclatante, j’ai parfois l’impression de sentir battre son cœur tellement je me sens proche d’elle… ne dit on pas Dame nature ? ou encore la nature mère ?... Je réalise ici pleinement ce que cela signifie. Les grenouilles et crapauds pullulent, accompagnant sporadiquement mon voyage de leurs croassements, lesquels sont assourdissant par endroit tant le nombre de batraciens est important. Les animaux ont ici une place particulière, ils font constamment partie du décor. Il y a à chaque tournant un agneau, un chevreau, un chiot, un porcelet, des poussins, des canetons… bref, tout ce qu’il faut pour nous rappeler que la vie grouille par ici. Des bébés sont aussi dans tous les dos des mamans, des jeunes filles, des grandes soeurs qui ne doivent pas avoir plus de 6 ans parfois. Certains sont suspendus au sein de leur mère, tétant comme ils peuvent, tirant, s’agrippant à une poitrine le plus souvent plate comme un gant de toilette. Peu de pudeur par ici, en tout cas pas placée au même niveau, aux mêmes endroits ;)

Je raconte, je raconte… mais je n’ai toujours pas parlé de mon premier cochon tué Samedi pour fêter le départ de Valérie ! Quelle fête, et quel méchoui délicieux !!! La cuisson dans le four à pain est décidément une réussite incontestable, un régal, un délice, j’en ai encore l’eau à la bouche… Voyez vous-même la photo, même si il manque le goût et l’odeur…
J’apprécie énormément la simplicité avec laquelle cette fête a pu avoir lieu. Nous étions une vingtaine et y’avait tout de même un peu de préparatifs… e n’ai pas vu l’après midi passer tant nous étions occupés à préparer les salades, chauffer le four, préparer le cochon… Le gaz nous ayant fait faux bond, nous avons cuisiné au ganun (charbon de bois), et toutes ces activités m’ont énormément plut ! Je me serais cru comme un petit enfant émerveillé par tout…

Oui, c’est je crois la meilleure traduction que je puisse faire de ce que je vis depuis quelques semaines, je me sens comme un petit enfant émerveillé, et c’est du bonheur !

Le 2/08/08, 23h17, Colline
C’est à la lueur d’un petit feu de bois que j’immortalise l’instant magique que je vis en ce moment avec Bastian. Il est de passage à Pala pour un mois pour découvrir et donné un coup de main (il est étudiant en médecine / 4année). A la veille de mon départ en congé, nous avons décidé de passer la soirée (et peut être la nuit ?) sur ma colline. Nous dominons le paysage presque quasiment éteint de Pala, 8 lumières, plus 2 antennes… Le reste est dans l’obscurité la plus complète. Les étoiles se sont cachées derrière un voile de brume, le ciel était magnifique il y a 20 min… Un petit feu de camp, une tisane, des amandes / noisettes / raisins secs ramenés de Suisse, un pur pote : le bonheur quoi ! Je partirai demain pour N’djamena.

Entre N’djamena et Paris, 0h43, 5/08/08
J’y crois pas, et pourtant j’y suis… je suis dans l’avion… Nous avons décollé il y a moins de 2 h. Valérie est avec moi, elle rentre définitivement après 2 années passées à Pala, toute bonne chose a une fin ! Cette fin ouvre sur d’autres choses, toutes aussi belles si nous en prenons soin.

Le froid glacial de la climatisation air-France annonce le dépaysement ! Le service aussi… L’ambiance aseptisée nous replonge dans notre univers un peu oublié.
Ces deux derniers jours ont étés particulièrement intenses ! Nous avons effectivement passé la nuit à la belle étoile lors de mon dernier écrit. C’était magique, et même si nous n’avons pas dormi en réalité, nous étions heureux de discuter avec Bastian, motivés pour aller chercher un peu de bois et raviver le feu qui a illuminé notre belle-étoile. Elles étaient d’ailleurs un peu timides (les étoiles) mais se sont tout de même dévoilées par instant, nous plongeant dans un décor magnifique, de grandeur, d’immensité. Le lieu était idéal, en haut de « ma colline », sur un promontoire rocheux, (presque digne du roi lion !) nous étions les rois du monde ! Retour à la maison une fois le jour levé, dernière marche en brousse avant la prochaine !
Derniers au revoirs pour Valérie puis nous quittons Pala en priant que les nuages menaçants ne se transforment en pluie. Nous arriverons finalement de justesse à Kelo, fin de la piste, début du goudron, plus de « barrières de pluie » à craindre.

L’arrivée à N’djam s’est faite sans encombres en début d’après midi. Frédéric (coopérants DCC) nous a accueilli comme d’habitude, un vrai plaisir !

Arrivée à Kabalaye et installation, nous sommes ensuite allés à « la plantation », bar réputé de N’djamena pour son ambiance. A 16h, la piste de danse est remplie, il y a peut être 500 personnes, c’est tout simplement hallucinant ! On se croirait un peu en boite de nuit sauf qu’il fait jour… Le ciel couvert ne semblait pas se décider à éclater en orage, la musique criait, les gens dansaient, puis vinrent quelques gouttes vers 19h. Tout le monde sort ainsi que nous. L’orage éclate enfin, un peu, puis beaucoup. Nous étions dans la benne, trempés jusqu’aux os mais rafraîchit par cette pluie qui nous faisait du bien.
Il ne s’est pas arrêté de pleuvoir, les rues se sont inondées, charriant toutes les ordures possibles et inimaginables. Nous nous embourbons et mettons quelques longues minutes, pieds nus avec de la flotte jusqu’au genoux, à sortir la voiture. Nous arrivons finalement au centre d’accueil pour allonger Elaki (amie des coopérants) qui est tombé dans les pommes entre temps… La pluie ne cesse pas, l’eau continue à couler, le niveau à monter jusqu’à atteindre 30 cm dans la cour du centre d’accueil. Toutes les chambres au rez-de-chaussée sont inondées, les affaires de Valérie trempées, ambiance…
Ce serait long de vous décrire le branle bas de combat, mais nous avons fini vers 1h du mat, épuisés, après avoir raccompagné à pied Elaki dans les rues de N’djamena. (les véhicules ne pouvant plus sortir de Kabalaye.
Il y avait de l’eau jusqu’au dessus des genoux par endroits. Un nombre d’ordures incroyables, le tout brassé dans une odeur pestilentielle, le comble de l’insalubrité.
Les dégâts ont réellement pu être constatés au réveil ce matin. De nombreuses habitations se sont écroulées car en terre séchée, des pans entiers de murs emportés par la pluie. Un agitation incroyable pour réparer/constater/s’assurer que les proches/la famille n’ont rien de trop grave… Il n’avait pas plus comme cela depuis 1988, c’est indescriptible. Le tout dans le noir, éclairé par les phares de motos/voitures circulant sur le goudron épargné car surélevé. Pieds nus dans la boue et la chienlit en pleine nuit, dans une capitale, je m’en souviendrai !...
2ème nuit peu reposante, plus l’excitation du départ, je me sens sur les nerfs et vais tenter de dormir maintenant.
Il est 1h37, j’arrive en France dans 5h, je n’en reviens pas…
Bon repose ;).

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