09 septembre 2008
Avec bcp de retard...
Re-bonjour à tout le monde ! Me voilà reparti pour un an de coopération à Pala, motivééé ! Je n'ai pas eu le temps de recopier mes derniers écrits, alors je vous transmets ceux qui datent d'avant mon mois de vacances et que je n'avais pas pris le temps de mettre sur mon blog...
à très bientôt pour des nouvelles plus fraîches... euh... plutôt humides et chaudes en fait ;)
Ciao !
PS: dsl pour les fautes s'il y en a, pas le tps de me relire !
Le 28/07/08, 18h48, Fianga
Vert, vert, vert… Tout est vert ! Les paysages arborent une flore luxuriante d’herbes et de champs, maïs, arachides, jeunes pousses et pousses déjà bien avancées. Les caïcédrats ont retrouvé leur feuilles et les pluies leurs sillons qu’elles creusent un peu plus à chaque fois, créant de petits ruisseaux un peu partout sur les routes et de petites rivières sur les bas côtés. Hier, il est tombé 47mm en 1h, ce qui n’est pas énorme pour ici, mais serait considéré comme un gros orage chez nous. Le ciel s’assombrit en un rien de temps et la nuit nous surprend avant l’heure. Le trajet de ce matin pour venir à Fianga fût un vrai plaisir… Le soleil matinal caressait de ses rayons chaque scène qui se découvrait à moi, libre comme le vent sur mon fidèle destrier Honda… Des odeurs en tout genre se dégageaient des paysages chargés d’humidité et de verdure, des odeurs agréables, douces, mielleuses, 100% naturelles ! Une bande de 3 à 4 m de large en latérite pour les bons endroits, en eau boueuse pour les moins bons, fait office de route, tranchant distinctement son rouge avec le vert ambiant. Le temps est au sarclage, certains retardataires labourent en hâte des carrés de terrain desquels ils obtiendront de quoi nourrir leurs familles. « Les femmes et les enfants d’abord !... », il faut bien reconnaître qu’on les voit plus nombreux que les hommes aux travaux harassants de l’agriculture locale. Plié en deux, d’une souplesse déconcertante, ils nettoient, plantent, labourent, sarclent… avec une petite bêche que l’on nomme ici une « houe ». Seuls les labours avec les bœufs ne regardent que les hommes…
Toute cette nature est d’une harmonie calme, qui me laisse béat par sa beauté, par sa grandeur, par son mystère, par sa vie éclatante, j’ai parfois l’impression de sentir battre son cœur tellement je me sens proche d’elle… ne dit on pas Dame nature ? ou encore la nature mère ?... Je réalise ici pleinement ce que cela signifie. Les grenouilles et crapauds pullulent, accompagnant sporadiquement mon voyage de leurs croassements, lesquels sont assourdissant par endroit tant le nombre de batraciens est important. Les animaux ont ici une place particulière, ils font constamment partie du décor. Il y a à chaque tournant un agneau, un chevreau, un chiot, un porcelet, des poussins, des canetons… bref, tout ce qu’il faut pour nous rappeler que la vie grouille par ici. Des bébés sont aussi dans tous les dos des mamans, des jeunes filles, des grandes soeurs qui ne doivent pas avoir plus de 6 ans parfois. Certains sont suspendus au sein de leur mère, tétant comme ils peuvent, tirant, s’agrippant à une poitrine le plus souvent plate comme un gant de toilette. Peu de pudeur par ici, en tout cas pas placée au même niveau, aux mêmes endroits ;)
Je raconte, je raconte… mais je n’ai toujours pas parlé de mon premier cochon tué Samedi pour fêter le départ de Valérie ! Quelle fête, et quel méchoui délicieux !!! La cuisson dans le four à pain est décidément une réussite incontestable, un régal, un délice, j’en ai encore l’eau à la bouche… Voyez vous-même la photo, même si il manque le goût et l’odeur…
J’apprécie énormément la simplicité avec laquelle cette fête a pu avoir lieu. Nous étions une vingtaine et y’avait tout de même un peu de préparatifs… e n’ai pas vu l’après midi passer tant nous étions occupés à préparer les salades, chauffer le four, préparer le cochon… Le gaz nous ayant fait faux bond, nous avons cuisiné au ganun (charbon de bois), et toutes ces activités m’ont énormément plut ! Je me serais cru comme un petit enfant émerveillé par tout…
Oui, c’est je crois la meilleure traduction que je puisse faire de ce que je vis depuis quelques semaines, je me sens comme un petit enfant émerveillé, et c’est du bonheur !
Le 2/08/08, 23h17, Colline
C’est à la lueur d’un petit feu de bois que j’immortalise l’instant magique que je vis en ce moment avec Bastian. Il est de passage à Pala pour un mois pour découvrir et donné un coup de main (il est étudiant en médecine / 4année). A la veille de mon départ en congé, nous avons décidé de passer la soirée (et peut être la nuit ?) sur ma colline. Nous dominons le paysage presque quasiment éteint de Pala, 8 lumières, plus 2 antennes… Le reste est dans l’obscurité la plus complète. Les étoiles se sont cachées derrière un voile de brume, le ciel était magnifique il y a 20 min… Un petit feu de camp, une tisane, des amandes / noisettes / raisins secs ramenés de Suisse, un pur pote : le bonheur quoi ! Je partirai demain pour N’djamena.
Entre N’djamena et Paris, 0h43, 5/08/08
J’y crois pas, et pourtant j’y suis… je suis dans l’avion… Nous avons décollé il y a moins de 2 h. Valérie est avec moi, elle rentre définitivement après 2 années passées à Pala, toute bonne chose a une fin ! Cette fin ouvre sur d’autres choses, toutes aussi belles si nous en prenons soin.
Le froid glacial de la climatisation air-France annonce le dépaysement ! Le service aussi… L’ambiance aseptisée nous replonge dans notre univers un peu oublié.
Ces deux derniers jours ont étés particulièrement intenses ! Nous avons effectivement passé la nuit à la belle étoile lors de mon dernier écrit. C’était magique, et même si nous n’avons pas dormi en réalité, nous étions heureux de discuter avec Bastian, motivés pour aller chercher un peu de bois et raviver le feu qui a illuminé notre belle-étoile. Elles étaient d’ailleurs un peu timides (les étoiles) mais se sont tout de même dévoilées par instant, nous plongeant dans un décor magnifique, de grandeur, d’immensité. Le lieu était idéal, en haut de « ma colline », sur un promontoire rocheux, (presque digne du roi lion !) nous étions les rois du monde ! Retour à la maison une fois le jour levé, dernière marche en brousse avant la prochaine !
Derniers au revoirs pour Valérie puis nous quittons Pala en priant que les nuages menaçants ne se transforment en pluie. Nous arriverons finalement de justesse à Kelo, fin de la piste, début du goudron, plus de « barrières de pluie » à craindre.
L’arrivée à N’djam s’est faite sans encombres en début d’après midi. Frédéric (coopérants DCC) nous a accueilli comme d’habitude, un vrai plaisir !
Arrivée à Kabalaye et installation, nous sommes ensuite allés à « la plantation », bar réputé de N’djamena pour son ambiance. A 16h, la piste de danse est remplie, il y a peut être 500 personnes, c’est tout simplement hallucinant ! On se croirait un peu en boite de nuit sauf qu’il fait jour… Le ciel couvert ne semblait pas se décider à éclater en orage, la musique criait, les gens dansaient, puis vinrent quelques gouttes vers 19h. Tout le monde sort ainsi que nous. L’orage éclate enfin, un peu, puis beaucoup. Nous étions dans la benne, trempés jusqu’aux os mais rafraîchit par cette pluie qui nous faisait du bien.
Il ne s’est pas arrêté de pleuvoir, les rues se sont inondées, charriant toutes les ordures possibles et inimaginables. Nous nous embourbons et mettons quelques longues minutes, pieds nus avec de la flotte jusqu’au genoux, à sortir la voiture. Nous arrivons finalement au centre d’accueil pour allonger Elaki (amie des coopérants) qui est tombé dans les pommes entre temps… La pluie ne cesse pas, l’eau continue à couler, le niveau à monter jusqu’à atteindre 30 cm dans la cour du centre d’accueil. Toutes les chambres au rez-de-chaussée sont inondées, les affaires de Valérie trempées, ambiance…
Ce serait long de vous décrire le branle bas de combat, mais nous avons fini vers 1h du mat, épuisés, après avoir raccompagné à pied Elaki dans les rues de N’djamena. (les véhicules ne pouvant plus sortir de Kabalaye.
Il y avait de l’eau jusqu’au dessus des genoux par endroits. Un nombre d’ordures incroyables, le tout brassé dans une odeur pestilentielle, le comble de l’insalubrité.
Les dégâts ont réellement pu être constatés au réveil ce matin. De nombreuses habitations se sont écroulées car en terre séchée, des pans entiers de murs emportés par la pluie. Un agitation incroyable pour réparer/constater/s’assurer que les proches/la famille n’ont rien de trop grave… Il n’avait pas plus comme cela depuis 1988, c’est indescriptible. Le tout dans le noir, éclairé par les phares de motos/voitures circulant sur le goudron épargné car surélevé. Pieds nus dans la boue et la chienlit en pleine nuit, dans une capitale, je m’en souviendrai !...
2ème nuit peu reposante, plus l’excitation du départ, je me sens sur les nerfs et vais tenter de dormir maintenant.
Il est 1h37, j’arrive en France dans 5h, je n’en reviens pas…
Bon repose ;).
11:32 Publié dans 11) Juillet : last but not least !... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Salut Sylvain!!
J'ai eu de tes news par Polette! Ca semble avoir etait plutot sympa ces vacances en france! C'est toujours aussi hallucinant de te lire, et c'est clair que quand je ferme la page et que je rouvre mes document du boulot, ca fait un peu bizarre!! comme un clash, ca remet les idees en place!
Ca fait du bien!
Gros bisous!!
Ecrit par : Amandinescu | 16 septembre 2008
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