09 juillet 2008
News n°32: Dou... la gadoue !...
Pala, le 2/07/08, 20h15,
Me voici épuisé après un court séjour à Fianga, parti hier, retour aujourd’hui. Les kilomètres et l’état de la route entre Torrock et Fianga ont eu raison de mes dernières forces, achevées par un début d’angine et une diarrhée que je traîne depuis maintenant 2 jours…
Mon déplacement était dû au chantier qui a enfin sérieusement commencé. Une trentaine de gaillards creusent les fondations sur semelles isolées : 30 trous de 1m² x 2m de profondeur, ça en fait du déblai ! et de la sueur… L’ambiance est bonne et le chef de chantier semble bien connaître les rudiments de la construction, ce qui n’est pas toujours chose courante ici… Je suis donc rassuré et ravi que le coup de sifflet ait été donné bien que les pluies commencent à être de plus en plus rapprochées. L’objectif est de terminer les fondations et la dalle avant les grosses pluies qui nous obligerons à faire une pause probablement en août/septembre.
Valérie a profité de mon déplacement car elle devait se rendre aussi à Fianga en tant que coordinatrice du sous-volet handicapés du BELACD. C’était donc sympa de faire la route ensemble. La cerise sur le gâteau fût le passage d’un « mayo » inondé à proximité de Balagny. Quelques costauds se sont occupés de faire traverser la moto en la portant tandis que je faisait passer Valérie sur mes épaules. Vous n’imaginez pas l’animation que 2 nassaras font sans même le vouloir… Chaussures et pantalon retirés, j’ai finalement réussit à traverser sans tomber ce qui aurait pourtant été bien drôle pour nos spectateurs qui devait tant espérer la chute ! Tout ça pour dire qu’on a bien rigolé malgré la boue et les secousses que nous avait réservé la route. Les paysages sont chaque jour plus verts et l’air plus frais, c’est très agréable…
Je viens d’entamer mon dernier mois avant le retour au bercail pour les vacances estivales, impatience…
Le 4/07/08, 17h38, Pala.
Marcel (le magasinier des ateliers diocésains), sa femme Angèle et leur fille Barbara de 6 mois viennent tout juste de quitter la maison, ils étaient venu « me visiter ». C’est la première fois qu’ils allaient chez un Nassara et marcel m’a avoué à la fin qu’ils s’étaient un peu inquiétés… pour rien ! Tant mieux si ils se sont sentis à l’aise. Venir me rendre visite est pour eux une façon de me remercier d’être allé chez eux la semaine dernière, ils étaient très touchés, ravis, apparemment beaucoup d’honneur que le « patron » se soit déplacé chez eux… Ils ont donc débarqué ici à 16h avec un gros poulet en cadeau, ça fait toujours plaisir ! (sauf au réveil…)
M’ayant prévenu de leur visite, j’ai eu le temps de leur préparer des crêpes histoire de les initier au « goûter » qui n’existe pas ici. Ce fût pour eux une grande découverte gastronomique car ils n’en avaient jamais mangé, et même jamais vu… C’était drôle de les voir découvrir ce qui pour nous semble si banal. Je leur ai fait goûter du Nutella reçu par colis (encore moins connu que les crêpes), et, après avoir rempli leur cuillères, se sont regardés d’un air gêné, ne sachant pas bien comment manger autrement qu’avec les doigts… alors un coup de pouce sur la cuillère avant de finir dans la bouche, c’est tellement plus simple ! Marcel a adoré, je tâcherai de lui ramener un pot à mon retour en septembre. Il y avait aussi un fond de pot de confiture de fraise que marcel a vite fait de terminer (la fraise n’existe pas ici non plus), à la petite cuillère cette fois-ci, quel progrès ;) !
Je suis content de ce moment passé avec eux, je crois que c’est typiquement le genre de découverte que je souhaitais en venant au Tchad, la rencontre d’une famille simple et ouverte à l’échange et au partage de nos cultures, dans le respect et la joie simple de nos différences.
Côté boulot, les chambres médicalisées sont terminées, première réalisation enfin achevée, en voici un aperçu ! (il ne manque que les clims...)
Le 7/07/08, 18h04, ma colline…
Quel silence… encore une fois : c’est beau. Il fait chaud et humide mais, pas grave, je me sens bien. Je ne me lasserai pas des paysages du Tchad, de cette nature sans cesse en mutation, de ces oiseaux innombrables et multicolores, des couchers de soleils indescriptibles, du ciel profond et de ses nuages expressifs : énormes ou légers, qui laissent constamment entrevoir un carré de ciel bleu, même si c’est à l’horizon (très différent du plafond grisonnant de notre bon vieux ch’Nord…). Je garderai aussi en mémoire les Nashif / jus de banane de chez Ali, au rond point, le soir lorsqu’il fait déjà nuit noire, immensité constellée d’étoiles accrochées à un firmament d’encre, c’est presque éblouissant !... L’ambiance aussi y est particulière, comme hier soir, et tous les autres soirs d’ailleurs… Quelques groupes électrogènes alimentent de rares néons et les mixeurs pour faire des jus : banane / mangue / avocat / goyave… en fonction des saisons. Ce qui nous éclaire réellement, ce sont plutôt les phares des motos / mobylettes, quelques rares voitures et des camions énormes, surchargés de marchandises, surmontés de voyageurs entassés. C’est un coin à majorité arabe (ethnie Goran) donc beaucoup de musulmans partout. L’habit traditionnel est le « boubou », longue tunique ample descendant jusqu’aux pieds. Les visages aussi ont leurs traits caractéristiques, barbichettes, profil fin, nez aquilin, grandes dents blanches, petites oreilles souvent décollées... J’aimerais tellement que vous puissiez voir cette vie grouillante et tellement différente de chez nous…
Ce w-e j’étais à bissi-mafou, reposant, ressourçant ! Je me suis balladé en pleine brousse entre les champs cultivés de mil et d’arachides. Encore une fois, la nature était splendide, indescriptible. Je me serais cru en pleine campagne du Moyen-Âge (en tout cas telle que je l’imagine). A part les cases en terre coiffées d’un chapeau de paille, les quelques charrettes et bœufs donnaient au paysage la ressemblance avec ce que j’imagine être notre passé, nos racines... Les relations humaines sont très simples car tout le monde se connaît, se salue longuement. Je garderai en souvenir la rencontre de deux femmes aux seins plats pendants jusqu’au nombril (comme il y en a pas mal en brousse), accompagnés d’une ribambelle d’enfants nus aux yeux immenses et sourires radieux. Nous avons échangé les salutations en Moundang, la langue locale, puis avons communiqué par signes, et surtout par le langage universel du sourire ! Le leur, édenté, n’enlevait rien à leur charme étonnant, elles sont belles dans leurs vêtements de nature et leur simplicité d’être !
Un croissant de lune me sourit, le soleil est déjà couché depuis 15min et un ciel rose s’estompe au dessus de moi. Des chants d’oiseaux s’élèvent de partout, il fait sombre et j’aimerais bien rester… Il est quand même plus prudent que je rentre…
Voici quelques photos prises entre deux lignes...
Vue de la colline, puis une photo prise sur le trajet retour...
le traditionnel enchantement du coucher de soleil, on en mangerait !...
Le 9/07/08, 18h38, Salle internet
Bénigne est bien arrivé hier soir à Pala ! on va prendre un verre puis manger un Naschif dans 30 min ! Quelle plaisir de voir enfin celui qui, régulièment, m'envoyait des encouragements et nouvelles par l'intermédiaire de mon blog...
Je vous en dirai plus long après !
Tchuss
19:35 Publié dans 11) Juillet : last but not least !... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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