29 juin 2008
News n°31 : roulez jeunesse !
Dimanche 22 juin 08, 6h35, Fianga
Nous sommes les jours de pleine lune et le sommeil s’en fait ressentir… Je dors très mal depuis 4jours avec le bruit ambiant que font les chiens/chauves-souris/crapauds et autre animaux nocturnes (et oui ! les chiens d’ici dorment le jour et font la java toute la nuit !). Semblerait-il que la pleine lune elle-même a des effets sur le sommeil, je passe donc quelques longues heures, fatigué, à me retourner sans cesse sans trouver le moyen de dormir, fixant le draps étendu sur ma moustiquaire en guise de plafond (pour éviter les poussière), et quand enfin j’y arrive, je me réveille trop tôt, comme ce matin à 5h30, un peu rude pour mon seul jour grâce mat !... Etonnamment, le moral ne suit pas la courbe de ma forme et reste accroché au beau fixe, tant mieux !
Ne sachant quoi faire à mon réveil ce matin, j’ai commencé par une séance photo avec le petit singe qui habite à la mission de Fianga depuis quelques jours, c’est très bon pour les zygomatiques ! Ces petits animaux sont vraiment craquants avec leurs mimiques d’homo-sapiens et leurs poses de rock-stars ! D’une curiosité surdéveloppée, ils semblent constamment à l’affût d’un truc à se mettre sous la dent, tous les insectes y passent… Deux billes roulantes à la place des yeux avec une étincelle de malice au fond… Vous avez bien compris, je craque !
Je suis venu à Fianga pour signer le contrat avec l’entrepreneur qui va construire le couvent de sœurs dont je vous ai déjà tant parlé. Ceci est chose faite depuis hier après midi, on va faire l’implantation aujourd’hui, et ensuite pourront commencer les festivités !... C’est risqué de commencer à cette époque qui est le début de la saison des pluies. La route reliant Pala à Fianga commence déjà à être très abîmée et ça ne va pas s’améliorer… Disons que c’est l’aventure !
Ce matin, nous partons à Séré (15km de Fianga) pour célébrer la dernière messe du Père Silvano (Italien bien sûr…), qui est au Tchad depuis 12 ans… Sacrée page qui doit se tourner pour lui !
Le 24/06/08, 12h52, Je ne sais pas où…
Galère galère !... Je suis quelque part entre Tikem et Pala, de retour de Fianga, avec l’occasion (désignation des véhicule pour les « transports en commun » d’ici) en panne sèche… Je suis partis ce matin à 9h de Fianga (après 1h30 d’attente…), chargé dans un véhicule sortit tout droit de la décharge… Nous étions peut être 25 dans le véhicule, sur le toit et dans la benne pleine à craquer… Nous avons ensuite été déposés à Balagny car une partie de la route n’est plus praticable désormais… On a donc continué à pied avant de retrouver, un peu plus loin, une autre occasion dans laquelle je suis maintenant : un mini-van pourri ! Quelqu’un est partit chercher de l’essence, on verra bien quand il revient !...
Autour de nous il y a quelques champs cultivés par des femmes et jeunes filles pliées en deux pour semer du mil. 3 hommes et 2 bœufs s’appliquent à sillonner quelques dizaines de m² avec une charrue sortie tout droit de nos livres d’histoire : un soc, deux brancards pour appuyer dessus et le maintenir dans l’axe, et c’est partit mon kiki ! Il est 13h et le soleil tape dur dur…
J’espère que l’attente ne sera pas trop longue… en tout cas ça fait belle lurette que j’aurais pété un boulon si je continuais à résonner à l’européenne. Les chauffeurs d’occasion sont vraiment des arnaqueurs qui n’ont aucun scrupules à entasser femmes/enfants pour gagner un peu plus. Au moment ou j’écris, je vois un type qui a démonté le carburateur, souffle dedans et tape dessus, la vue plongeante me laisse voir les nombreux rafistolages à la chambre à air et au « léda » (sac plastique…) Bref, c’est l’aventure…
Le 28/06/08, 18h02, Ma colline…
Et oui ! ma colline, mon rocher, mon perchoir duquel je viens contempler la brousse qui s’étend à perte de vue.. Il y a aussi mon arbre dans lequel je grimpe lorsque je me prends pour un oiseau (ou un singe, à vous de voir…) et ne veux faire plus qu’un avec la nature qui m’entoure. Tout ceci se situe à 40min à pied de chez moi. Le panorama qui s’offre à moi est difficile à décrire, tellement beau ! Le soleil sera couché d’ici 15min et déjà les rayons s’entremêlent aux nuages pour une danse colorée, teinte rose orangée à l’horizon, frissons…
Les terres recèlent une verdure que je n’aurais pu soupçonner en saison sèche, elles donnent naissance à une végétation généreuse et homogène. Seuls quelques champs fraîchement labourés dessinent ça et là quelques carreaux de différents marrons. C’est beau. Il faut dire que la pluie s’est installée depuis quelques jours, alternance d’averses diluviennes et de ciel bleu duvetés. Je regrette ne pas avoir pris mon appareil photo, si seulement vous pouviez voir ce que je vois ! la moitié du ciel est rouge écarlate, drapée d’ondes lumineuses qu’un voile de nuages accroche. On dirait les vaguelettes que laisse la mer sur le sable lorsqu’elle se retire.
Ce lieu est un peu magique pour moi, je m’y rends 2 à 3 fois par semaines pour prendre du recul, à tous les sens du terme, et me dérouiller les gibolles… Je me sens comme chez moi au milieu de cette nature, rien ne me paraît hostile avec tous ces oiseaux superbes et ces paysages que je trouve merveilleux. C’est étrange, il y a des fils de toiles d’araignée qui volent un peu partout, c’est la première fois que je vois ça ! on dirait de longs cheveux blonds portés par une force invisible qui les baladent un peu partout. C’est joli avec le soleil…
Bon, pour ce qui est du quotidien, j’ai l’impression de vivre des moments « critiques » où se bousculent des tas de questions sorties de je n’sais où. Je sens que je dois re-choisir régulièrement ma coopé pour la vivre pleinement et ne pas me laisser emporter par des tas de petites considérations intérieures, patachonnes, parfois égoïstes, qui me donnent l’envie de tout plaquer.
Le soleil s’est couché et la luminosité décroît à vue d’œil, des cris d’oiseaux s’élèvent d’un peu partout comme si c’était l’aube de la nuit, atmosphère particulière, paradoxalement inquiétante et paisible à la fois, je me sens bien au milieu de tt ça !
Il faut quand même que je rentre…
11:55 Publié dans 10) Juin, poils aux mains ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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