18 juin 2008

News n°30 : Internet, quand tu nous tiens...

Voici une "fenêtre internet" dans laquelle j'espère glisser une news...

Excusez si je ne répond pas à vos mails depuis un moment, c'est la chienlit avec notre connexion...

 

 

Le 8 juin, 6h45, Bissi-mafou.

 

   Je me croirais en pleine campagne française des années 60, en tout cas j’imagine que ça pouvait ressembler à ça… Il a plu hier soir et pas mal cette nuit alors il fait frais et c’est très agréable. Je ne suis pas encore sorti de mon boucarou dans lequel il y a un lit, un bureau, une armoire, et des rideaux style années 60 … Tout le monde semble déjà réveillé depuis un petit bout de temps, surtout les pintades et les truies. La lumière tente de dissiper les quelques nuages qu’il reste, je crois qu’il va faire beau, c’est une belle journée qui commence !

 

Faits divers :

            - Les parents de Valérie sont arrivés lundi dernier à Pala. Ils ont passé la semaine au Cameroun et rentreront tous ce soir. Du peu que nous nous sommes rencontrés, ils sont super sympa, avec un accent du sud-ouest bien prononcé, ça fait plaisir d’écouter chanter un peu ! Ils vont passer la semaine à Pala, je sens que ça va être chouette !...

            - J’ai la boule à zéro suite à fausse manip avec la tondeuse par moi-même, un coup de trop où il n’y avait plus de sabot… Ici c’est la coupe locale des hommes donc ça devrait passer inaperçu… En tout cas le changement est radical car je commençais à avoir une bonne tignasse ! Ca me rappelle aussi quelques bons souvenirs, comprendront ceux qui pourront ;)

 Bye

  Le 14/06/08, 20h57, Pala

    Il y a 9 mois tout rond que j’ai posé le pied sur le sol Tchadien. Lorsque je survole ce carnet et m’aperçoit du nombre de pages écrites, je réalise qu’il s’en est passé des choses ! J’ai l’étrange sensation d’avoir à la fois fait de mon environnement, de mes activités, de mes rencontres, un quotidien dans les faits, mais tellement d’incompréhensions, de surprises et d’étonnements demeurent encore ! Etre « chez soi » sans se « sentir chez soi », « habitué » mais toujours « étranger ».

   Je trouve le bilan assez aride concernant les relations humaines avec les tchadiens, je n’arrive pas à m’habituer / accepter toutes les conventions sociales d’ici, j’en ai marre que l’on me voit presque toujours comme le « blanc qui sait tout » et devant qui il faut montrer patte blanche, faire bonne figure, et « dire ce que le nassara doit avoir envie d’entendre » au mépris des convictions et des points de vue de chacun… Heureusement qu’il y a « Grand Blaise », l’exception qui m’impressionne par sa gentillesse et son sens du service toujours accommodé d’un large sourire et d’attentions délicates !  Je dois aussi reconnaître le sens de l’accueil d’une gratuité sans limites dans la plupart des foyers, c’est tout de même un trait de culture fascinant dans une société qui ne possède pas le 50ème de ce que nous avons dans nos pays occidentaux. On en revient toujours à cette culture du contraste…

 Heureusement qu’il y a aussi quelques très belles relations avec certains pères Italiens, mexicains ou espagnols (Roberto, Fabio, Giulio, Sylvano, Stephano, Gabriel, Carlos…) mais ils ne sont pas sur Pala…

      Au moment où j’écris, je me sens bien seul avec une longue journée demain (dimanche) où je ne sais encore ce que je vais bien pouvoir faire. Beaucoup de personnes de l’Evêché sont parties en congé ou déplacement, il ne reste que le procureur Romano qui est un joyeux caractère, heureusement qu’il est là ;)

      Jean Luc (le directeur de prodalka) a été rapatrié sanitaire suite à un malaise et sa femme Isabelle qui devait revenir le 10 reste donc en France. Même eux ne sont donc plus sur Pala…

C’est parfois difficile de voir la moitié pleine du verre… je me dis que tout serait tellement plus simple si j’étais en France…

Le moral oscille donc entre coup de blues de solitude et rayons de soleil de découvertes d’une intériorité lumineuse / sérénité / joies / paix profonde / plénitude… que je ne peux dissocier de Dieu et la foi. Pour ce soir, c’est plutôt la première option…

  

Le 18 juin, 17h50, Pala.

    Voilà l’occasion de vous faire part d’une « moitié pleine du verre » puisque le moral est plutôt bon en ce moment. Cela ne tient pas à grand-chose, c’est comme une « prise de conscience heureuse »… Je m’explique… Et bien voilà, je dois reconnaître que je ne me suis jamais senti aussi aimé que depuis que je suis parti au Tchad, c’est dit, étonnant non ?

     Lorsque je vois le nombre de lettre reçues dont le contenu est d’une sincérité / vérité de cœur, ou bien lorsque je regarde toutes les cartes attentionnées qui m’ont été destinées, alors je prend chacun de ces envois comme un vrai cadeau, une preuve d’attention particulière à mon égard, et rassemblant tous ces écrits, ils forment un joyeux bouquet qui me fait littéralement pétiller de joie ! Pour aujourd’hui, ce sera une lettre de mon Père qui, sachez le tous, est le meilleur Papa du monde !...

    Alors, quand on y réfléchit, de quoi j’me plains ? C’est vrai que la proximité, « être » avec ceux qui nous manquent ne fait pas partie du package, et c’est parfois difficile, mais il me semble que cette solitude m’est nécessaire afin que je prenne pleinement conscience de ces choses essentielles que sont les relations humaines. Je dis « m’est nécessaire » car je devais avoir de la « peau de sauc’ devant les yeux », je m’aperçoit que certains proches ont cette qualité du cœur et de l’attention sans qu’ils aient eu besoin de s’exiler 2 ans dans un pays lointain, mais je devais être trop orgueilleux pour apprendre d’eux la vraie source du bonheur : « l’attention à l’autre »…

   … « Aimez vous les uns les autres » Je ne peux parler de ces moments de « prise de conscience où tout va mieux » sans parler de Dieu et du rôle de la prière dans ces découvertes essentielles. C’est encore balbutiant mais je suis sûr que seul je n’y serais pas arrivé, je suis trop « limité »…

   Voilà, je fais donc mon petit bonhomme de chemin et ce chemin est « heureux » même si pas tous les jours « joyeux »… traduisez par là qu’il me conduit au bonheur véritable en m’obligeant à me poser et à choisir les priorités pour lesquelles je veux vivre.

C’est tout de même une belle opportunité pour faire cette mise à plat que d’être plongé dans un environnement radicalement différent, pas de point de repères, juste à en placer !

   Houlàlà, certains d’entre vous doivent se demander si je n’est pas fumé quelques ailes de termites où autres hallucinogènes, mais non, si je l’ai écrit, c’est que je l’ai pensé !

Que tout cela me serve lorsque je relirai ces lignes dans quelques mois / années ?...

En espérant que le moral va continuer dans sa lancée,

Merci à tous de votre soutien

 

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