15 janvier 2008
News n°18 : Fantastique, et pourquoi pas ?!!!
Le 10/01/08, 19h26, Miséréor
C’est une nouvelle mission qui a démarré pour moi depuis le départ de Rémi dimanche dernier. En effet, je reprends la casquette de constructeur S.D.C.E. (Service Diocésain de Construction et d’Entretien) pour le suivi des chantiers en cours. C’est à la fois passionnant (pour les chantiers qui se déroulent bien) mais aussi une vraie galère toute cette nouvelle charge de travail. Pour le moment, je prend du recul et essaye de me plonger dans les classeurs de suivi, je fait des situations/bilan pour voir où en nous en sommes, de l’état d’avancement des travaux. Il est désormais plus difficile pour moi d’être présent aux ateliers et je dois mettre les bouchées doubles. L’ensemble forme un tout heureusement très intéressant mais non sans responsabilités… Je comprends mieux les insomnies de mon père liées aux imprévus de ses chantiers… Je verrai d’ici quelques semaines si je tiens le coup ou si j’ai besoin de me faire épauler, éventuellement par un autre coopérant ?...
Pour l’anecdote de la semaine, j’ai dépecé mon premier lapin hier après midi ! Je comprends maintenant mieux l’expression « le coup du lapin », c’est radical !

Ensuite on l’accroche par les pattes arrières à un arbre, on l’incise aux bons endroits, et y’a plus qu’à lui faire la peau, le tout part comme une chaussette. Les poils serviront à soigner les prochaines brûlures… La viande doit attendre une journée avant d’être cuisinée alors on le mange ce soir. Nos voisins ayant ramenés du vin et des pruneaux de Ndjamena, on l’a préparé à la Française et ça sent délicieusement bon ! Je pense qu’on va se régaler, d’ailleurs faut que j’y aille,
Bon ap’
Le 14/01/08, 16h45, Miséréor,
4 mois !... que je suis partis… Ce n’est pas un cap mais c’est toujours ça ;)
Je ne vais pas trop évoquer les soucis de boulot qui me pompent déjà suffisamment d’énergie ! Alors laissez moi vous raconter mon voyage merveilleux d’hier, au pays des panthères et des éléphants qui malheureusement se cachent un peu trop bien… Nous sommes allés en pleine brousse, mais quand je dis la brousse, c’est le bout du monde, là où il n’y a jamais personne sauf quelques fadas de nature… Plus précisément aux chutes gauthiaut, nommées ainsi à cause de la disparition, il y a bien longtemps, de M. Gauthiaut qui a plongé dans l’eau et n’en est jamais ressortit… D’après la légende, il est encore là et certaines personnes jurent l’avoir vu dans le sous-bois… Si on fait le calcul il doit maintenant avoir plus de 100 ans, ça doit être un sacré gaillard ! ;)… Le morbide des histoires racontées à son sujet n’enlève rien au charme de l’endroit. C’est un lieu complètement sauvage malheureusement très touché par le braconnage des poissons et des hypotragues (espèces d’énormes cerfs avec de très longues cornes et des sabots comme ceux des chevaux). D’ailleurs en parlant de braconniers, 2 se sont fait chopés par nos pisteurs et on a donc récupéré leur pêche… Vous pouvez voir en photo jointe l’un des poissons « confisqués », appelé poisson chien, il donne pas trop envie de se baigner, heureusement que je l’ai vu qu’après être allé à l’eau ;)…
La piste pour y parvenir est particulièrement défoncée, entretenue par le seul passage de rares charrettes en provenance du Nord. J’ai d’ailleurs aujourd’hui de grosses courbatures au cou tellement nous étions chahutés. Le paysage est quasi-indescriptible, mélange d’arbres/arbustes, herbes hautes. Végétation souvent très dense, rarement aérée… Des termitières géantes se dressent un peu partout, on dirait des cathédrales, certaines atteignent 3m de hauteur… Les oiseaux aussi sont magnifiques, les corriers sont mes préférés, ils sont vert avec des reflets parfois bleus, impressionnants, bref, une nature exaltante !
Qui ne va pas aux chutes sans l’espoir de voir des éléphants, voir des panthères ?... Nous en faisions partis mais nous n’avons pas eu cette chance… Heureusement que les traces étaient bien réelles, les crottins biens présents, et les dégâts parfois impressionnant témoignaient du passage des mastodontes. Un petit singe nous a consolé pour ce qui est de la faune ! La baignade aussi était le lot de consolation idéal. Cette promenade d’une journée était organisée par Hans, un allemand qui travail pour la préservation du parc naturel, un amoureux de la nature, un fêlé comme on les aime ! Pour le déjeuner, une chèvre nous a accompagné jusqu’à son lieu de sacrifice, non loin des chutes, délicieuse ! Vous pouvez voir en photo jointe ce qu’on manger les pisteurs (la tête et les pattes, bon ap’ !) On ne s’aventure pas dans ces coins sans pisteur (à moins d’être un peu fou…). Ils sont de précieux conseils pour ce qu’il y a à voir, identifier les traces, marques, excréments, directions…
Vous avez bien compris que je me sentais dans mon élément, une aventure extraordinaire qui m’a bien changé les idées et m’a fait le plus grand bien ! Dans les prochaines prévisions, nuit à la belle sur la colline des singes avec Hans, je sens que ça va me plaire, je vous raconterai !
Allez, bises à chacun de vous, merci pour vos mails nombreux et à bientôt !
PS : je vous laisse l’aventure en image avec l’album ci-joint…
18:25 Publié dans 5) Janvier, enfin... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Belle escapade !
On lit toujours avec joie et intérêt tes découvertes.
Tes chaussures arrivent bientôt.
@ +
Mm
Ecrit par : Mam | 22 janvier 2008
Il faut que tu changes tes coordonnées mail sur ton blog.
Ecrit par : Mam | 22 janvier 2008
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