17 octobre 2007

News n°6 : je sais pas

Le 13/10/07, 6h, Bongor

      Je profite que tout le monde dorme encore pour vous écrire mes dernières péripéties… La plus impressionnante date d’avant-hier, vers 15h. Je ne vous ai pas encore beaucoup parlé du climat, et bien que je dise souvent qu’il fait très chaud, nous sommes sur la fin de la saison des pluies qui rafraîchissent tout sur leur passage, que du bonheur un peu de fraîcheur ! Le problème est que les dernières pluies de chaque saison pluvieuse sont souvent diluviennes, ce sont même des orages comme on n’en voit pas en France… Quand un orage s’annonce, on le voit arriver de loin tellement le ciel s’obscurcit à l’horizon, ensuite il y a de grosses rafales de vent qui commencent les dégâts en arrachant quelques toits en paille mal fixés. Il y a entre ¼ d’heure et une demi-heure pour tout ranger et se mettre à l’abri. Une fois que ça commence, on ne peu plus mettre le nez dehors ! Des ruisseaux de boue se forment un peu partout afin d’évacuer comme possible les mm d’eau qui s’accumulent. Le bas des murs en terre se gorgent de flotte provoquant parfois l’écroulement des constructions. Les éclairs fusent, les oreilles sifflent, branle bas de combat !!!

       J’en reviens à avant-hier, l’orage s’annonce, tout le monde rentre chez soi, et moi dans mon boucaro. Ca tombe bien, c’est l’heure de siester… Je commençait tout juste à m’assoupir, bercé par les trombes d’eau, quand la foudre à frappé ma case ainsi que la maison des voisins ! Y’avait le son en même temps que la lumière. J’étais complètement secoué, une montée d’adrénaline à en couper le souffle, en l’espace d’1/4 de seconde j’avais les mains sur le visage sans même l’avoir voulu, c’est étonnant les réflexes… Je me suis reçu une retombée de poussières qui venait je ne sais d’où… Heureusement pas de gros dégâts, juste le mur de la salle de bain un peu effrité par endroits, ma salle de bain toute neuve !... bouh… Un peu d’enduit et une couche de peinture et on y verra que du feu. La voisine quant à elle s’est pris une grosse décharge alors qu’elle touchait un robinet, je crois qu’elle a été 10 fois plus secouée que moi, beaucoup d’installations électriques ont grillées mais heureusement, pas de blessés…

      Sans transition, j’ai fini mon lance-pierre dont vous pouvez voir une photo, pour le moment je m’entraîne sur cible (bouteilles de coca) mais je vais bientôt passer aux chauves-souris et aux margouyas, ils n’ont qu’à bien se tenir !

      Dernière aventure notoire, nous avons crevé hier soir entre Kelo et Bongor. Il devait être 20h30 environ mais la nuit tombe à 18h ici donc il faisait nuit noire. Nous étions 2 (ac Rémi), le pneu a éclaté sans prévenir… Changer une roue en pleine nuit prend des proportions différentes ici… Des centaines d’insectes sont attirés par les phares, il fait super chaud, on voit rien, on est au milieu de nulle part… Bref, c’est rigolo si ça ne s’éternise pas trop !
Allez, je dois filer au marché, bye !

 

 le 15/10/07, 18h30, Miséréor.

     Je réserve cet épisode à toutes les petites choses qui font mon quotidien et dont je n’ai pas encore parlé dans mes aventures…

     Pour commencer, j’ai l’impression d’être au pays de la cacahuète ! Arachides par ci, arachides par là, nous sommes en pleine saison et il y en a partout ! Les cultivateurs étendent leurs récoltes au soleil une fois les enveloppes retirées, et on peut voir en pleine rue de grandes surfaces d’arachides qui ont une couleur rougeâtre. Les surfacent atteignent parfois plus de 25 m², et il y a une sacrée épaisseur ! Dommage qu’il n’y ai pas de Pastis parce que là, il y a de quoi en faire des méga-apéros !...

     Le Tchad est aussi, comme beaucoup de pays d’Afrique, un pays de tissus, pagnes, étoffes, aux mille couleurs et autant de motifs. Il y a dans chaque marché un endroit réservé à ce commerce où se négocient chaque jour les prix qui dépendent des qualités des tissus ainsi que du lieu de vente. Et qui dit tissus dit ?... Couturiers ! Il y en a de partout, appliqués à leurs machines à coudre qui ressemblent à celles de nos grand-mères… J’entends par là qu’elles sont actionnées au pied (n’oubliez pas qu’il n’y a pas d’électricité), ce qui forme par ci, par là des regroupements de cliquetis se transformant parfois en vrais orchestres, mélange de parlotes et de travail, quelle ambiance ! J’ai moi-même acheté mon premier pagne dans lequel je devrais bientôt tailler une chemise… Et du sur-mesure, s’il vous plait !

     Dans la continuité des arachides et des tissus, il y a les fruits en tout genre, et plus particulièrement les goyaves dont c’est la saison. On se gave donc de ce fruit délicieux qui ne se conserve pas bien longtemps, c’est Boubou qui s’en lèche les doigts !

     Pour finir ce chapitre avec quelques infos insolites sur mon quotidien (histoire de ne pas vous endormir), j’ai oublié de vous parler lors de mon paragraphe sur les bestioles des crapauds et des scorpions. Je n’ai jamais vu autant de grenouilles/crapauds de toute ma vie. Ils sortent le soir pour infester les rues. Il y en a de partout et il n’est pas rare d’en écraser ou de « shouter » dedans, en tong bien sûr... Pour les scorpions, y’en a pas beaucoup et il sont petits. J’en ai vu que 2 pour le moment et ils ne sont pas mortels. Il parait juste que ça fait un mal de chien pendant 24 h mais rien d’alarmant…
Dans la série bestioles, je vous parlait des chauves-souris qui son très nombreuses, j’ai vu à Bongor des manguiers remplis de ces bébêtes qui font un boucan d’enfer et qui sont trop laides ! On ne voyait même plus la branche tellement il y en avait, un essaim de chauves-souris ! Je vous enverrai une photo dès que j’aurai réussi à en tirer une au lance-pierre…

       J’allais oublier de vous dire comment nous nous éclairons. Nous fonctionnons ici sur une batterie 12V qui se recharge en journée avec des panneaux solaire. Le petit pb du moment est que la batterie se fait vieille et nous finissons presque toutes nos soirées à la lampe à pétrole. Par exemple, au moment où j’écris, je suis déjà à la lanterne… C’est dans ces moment que l’on prend conscience du confort dans lequel nous vivons en France. Pareil pour le gaz, on ne peut pas toujours en trouver à Pala, et lorsqu’il n’y en a plus, on fait comme ont fait nos ancêtres pendant des décennies, le feu de bois ou plus couramment le feu de charbon dans des vasques en fil de fer tressé ce qui aère bien les braises et laisse tomber les cendres… Quand il s’agit de faire chauffer l’eau du thé pour le petit déj, on se surprend à rêver d’un bon gros Buta, y’a que ça de vrai !!!
Allez, en espérant que ça vous a éclairé sur ce que je vis ici…
Amchi Afé ! (Restez en bonne santé…)

Commentaires

Eh ben c'est con de manquer de courant quand on reçoit la foudre! ou de reçevoir la foudre quand on manque de courant.
Super si y'a plein d'arachides, on pourra se refaire des aper'sss à la cote de la bifute cet été!

Ecrit par : Système | 20 octobre 2007

Je sais pas pourquoi...mais après avoir lu ces quelques lignes sur les conditions de confort, je me suis levée, et je suis allée éteindre une lampe qui ne me servait pas !
C'est vrai qu'on ne réalise pas toujours tout le confort dans lequel on vit (et le gaspillage que l'on produit!).

Bonne continuation !

Ecrit par : Mylène | 23 octobre 2007

Hello,
On se dévoile: nous aussi on suit tes aventures avec beaucoup d'intérêt!!!
Quel dépaysement! Merci de ton témoignage et courage pour ces prochaines semaines d'acclimatation.
Caroline et Pierre-Emmanuel LESOIN (ça fait un bail n'est-ce pas!).

Ecrit par : leslesoin | 24 octobre 2007

Découverte, Différences, Durée ...
On continue à te suivre en espérant que tes rencontres, ta mission auprès du diocèse vont t'aider peu à peu à passer les moments difficiles.
Le téléphone ne passe pas du tout en ce moment mais on persévère.
On est bien avec toi.
Mam

Ecrit par : mam | 25 octobre 2007

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