28 janvier 2008

News n° 19 : Merci les darons !

Le 23/01/08, 21H40, Miséréor

 

            La vie continue. Alice et Rachel, coopérantes à Laï sont venues me visiter ce we, un chouette moment ! On a fait 10 pains le Samedi après-midi pour la fête de Samedi soir organisée pour marquer le départ de Denis et Françoise nos voisins. On devient des pros du pain à Pala ;) ; pain au basilic, pain au sésame, petits pains et grosses miches, on se fait plaisir ! tout le monde nous a félicité, la grande classe… C’était une soirée de « Nassaras », avec de la bonne bouffe (un cochon, des poulets, des salades, du vin…) et même de la musique avec quelques danses en fin de soirée, une petite bulle oxygénante !

 

            Le lendemain, nous sommes allez faire un tour en brousse, paysages semi-desertiques avec une végétation sèche et une piste alternant entre le sable et la caillasse. A notre plus grand étonnement, nous sommes arrivés sur un mini-village qui ressemblait d’ailleurs plutôt à une grosse concession. On a pas osé s’approcher de trop près, on sentait bien que nous étions comme des martiens tombés du ciel.

 

            Côté boulot, j’ai bouclé mon premier dossier d’appel d’offre pour la construction de deux chambres médicalisées à la mission catholique. C’est un gros travail que de devoir tout prévoir, de la fosse sceptique à la charpente, en passant par les fondations et les revêtements des murs… En tout cas, c’est très intéressant et j’apprends des tas de choses chaque jour. J’espère que l’entrepreneur qui décrochera le marché tiendra bien la route parce que je suis encore novice pour l’exécution des travaux.

            Les ateliers ne tournent pas trop mal et nous continuons à réorganiser les méthodes de travail. J’ai signé entre hier et ce matin des factures de plus de 3 milions de francs CFA pour des livraisons de bois et de pièces automobiles, ça reste des CFA mais ça fait tout de même  bizarre…

           

            Je partirai Jeudi à Keuni pour la réception provisoire d’une réfection d’église que je n’ai encore jamais vu. Nous en profiterons pour effectuer une intervention électrique à Gagal puisque c’est sur la route.

 

            Ah, j’allais oublier… J’ai commencé à donner des cours de guitare mercredi dernier. Pour le moment j’ai 3 « élèves »  qui m’ont l’air appliqués. Ils ont à peu près mon âge et c’est bien sympa.

 

Le 28/01/08, 15h15, Miséréor

            Merci les parents ! Quelle bonheur ce colis que je viens de recevoir, ça me rend tout joyeux et désireux de me remettre à écrire dans ce carnet que j’ai un peu délaissé ces derniers temps… Et pourtant il continue à s’en passer des choses, alors encore merci à Maman pour toutes ces choses si précieuses à mon quotidien (chaussures, caleçons, chaussettes, carnet de chant et !... Saucisson, youpppiiii !)  et à Papa pour sa lettre qui me rappelle combien j’ai des parents géniaux ;)

 

            Pour reprendre dans les aventures, je suis parti Jeudi à Keuni : 110 km seulement et pourtant 4h30 de route. Pour commencer, contrôle du véhicule par la police locale. On se croirait au premier rang d’un film ridicule, et pourtant les unif et les kalach sont bien réels. Le policier qui m’arrête a des lunettes à la John Travolta et un béret de travers qui lui confère un look… inattendu ! Il ne rigole pas du tout, il a ferré un bon poisson et il ne va pas me laisser partir comme ça… Je garde mon calme, tout est en règle jusqu’à ce qu’il me demande un… certificat médical ! Oulàlà, je sens qu’on va pas très bien s’entendre, je baratine un peu et, à cours d’arguments, ils laissent tomber ce point. Arrive le contrôle des « organes », phares, essuie-glaces, extincteur pour véhicule… Pas de bol, le clignotant avant droit ne fonctionne plus ainsi que la veilleuse, et la plaque minéralogique se décolle de quelques millimètres sur le coin en bas à gauche… Le commissaire vient alors m’expliquer que j’ai 3 défauts, à raison de 3000cfa par défaut, ça fait 9000 Cfa, pas d’bol !... Bien-entendu, tout cela se passe en une demi-heure de pseudo-intimidation mais ils n’ont vraiment aucune crédibilité : les véhicules les plus rafistolés de la planète (sans pare-brise, sans porte…) et les chargements de camions les plus équilibristes défilent sous nos yeux. Je suis blanc donc… re - pas d’bol ! Je négocie du mieux que je peux, sympathise presque mais rien à faire, ils veulent de l’argent et l’heure tourne. Finalement je m’en sors avec 3000cfa ce qui est « une bonne négociation », mais je suis tout de même bien dég…

 

            Commence la piste, alternance de latérite (matériau très compact) et de bancs de sable énormes. Il fallait bien que ça m’arrive un jour : nous voici perchés sur le pont arrière et les roues ensablées, la galère commence. Heureusement que nous étions 3 ce qui nous a permis d’être plus efficaces. Allongés sous la bagnole, on creuse comme on peut pour dégager le châssis, 2 gars qui passaient par là nous ont donné un précieux coup de main, et c’est après ¾ d’h d’efforts acharnés que nous sortons enfin ce merdier ! Je crois qu’on a eu chaud, un peu plus et nous passions la nuit dans la voiture au milieu de nulle-part.

 

            Heureusement que le retour a eu lieu sans embûches, sauf à la fin ou nous avons eu droit à un second contrôle de police. Je suis crevé et n’est pas très envie de discuter, je fais donc un grand sourire sans m’énerver. Tout semble en règle malgré nos « organes défaillants », je négocie encore, ils ne sont pas très tendres, puis la situation se renverse : voyant qu’ils n’obtiendraient rien de nous, ils deviennent subitement vachement sympas et l’un d’eux me demande si je peux le transporter jusqu’à Pala… Ouf, on ne paiera pas cette fois-ci !

 

            Nous devrions avoir bientôt un deuxième petit chat car l’autre s’est fait la malle.

 

            Le four à Pain ronronne régulièrement et le « groupe des filles » de Valérie, constitué de quelques femmes du quartier, font leurs essais à la maison pour que peut être un jour elle ouvrent une… boulangerie ! Les premiers pains vendus semblent promettre un succès, je ne peux m’empêcher d’être un peu fierrot de leur réussie, c’est chouette.

 

            Rayon boulot, mes journées sont bien chargées mais passionnantes avec des hauts et des bas comme pour tt le monde…

 

Allez, grosses bises et à plus dans l’bus ;)

 

PS : j’ai complètement oublié de parler du potager qui prend forme petit à petit : salades, radis, poireaux, oignons, persil… ça devrait encore s’agrandir d’ici quelques semaines, c’est bien sympa de voir les petites merveilles si délicieuses de dame nature... 

15 janvier 2008

News n°18 : Fantastique, et pourquoi pas ?!!!

Le 10/01/08, 19h26, Miséréor

 

            C’est une nouvelle mission qui a démarré pour moi depuis le départ de Rémi dimanche dernier. En effet, je reprends la casquette de constructeur S.D.C.E. (Service Diocésain de Construction et d’Entretien) pour le suivi des chantiers en cours. C’est à la fois passionnant (pour les chantiers qui se déroulent bien) mais aussi une vraie galère toute cette nouvelle charge de travail. Pour le moment, je prend du recul et essaye de me plonger dans les classeurs de suivi, je fait des situations/bilan pour voir où en nous en sommes, de l’état d’avancement des travaux. Il est désormais plus difficile pour moi d’être présent aux ateliers et je dois mettre les bouchées doubles. L’ensemble forme un tout heureusement très intéressant mais non sans responsabilités… Je comprends mieux les insomnies de mon père liées aux imprévus de ses chantiers… Je verrai d’ici quelques semaines si je tiens le coup ou si j’ai besoin de me faire épauler, éventuellement par un autre coopérant ?...

 

            Pour l’anecdote de la semaine, j’ai dépecé mon premier lapin hier après midi ! Je comprends maintenant mieux l’expression « le coup du lapin », c’est radical !

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Ensuite on l’accroche par les pattes arrières à un arbre, on l’incise aux bons endroits, et y’a plus qu’à lui faire la peau, le tout part comme une chaussette. Les poils serviront à soigner les prochaines brûlures… La viande doit attendre une journée avant d’être cuisinée alors on le mange ce soir. Nos voisins ayant ramenés du vin et des pruneaux de Ndjamena, on l’a préparé à la Française et ça sent délicieusement bon ! Je pense qu’on va se régaler, d’ailleurs faut que j’y aille,

 

 Bon ap’

 


 

Le 14/01/08, 16h45, Miséréor,

            4 mois !... que je suis partis… Ce n’est pas un cap mais c’est toujours ça ;)

Je ne vais pas trop évoquer les soucis de boulot qui me pompent déjà suffisamment d’énergie ! Alors laissez moi vous raconter mon voyage merveilleux d’hier, au pays des panthères et des éléphants qui malheureusement se cachent un peu trop bien… Nous sommes allés en pleine brousse, mais quand je dis la brousse, c’est le bout du monde, là où il n’y a jamais personne sauf quelques fadas de nature… Plus précisément aux chutes gauthiaut, nommées ainsi à cause de la disparition, il y a bien longtemps, de M. Gauthiaut qui a plongé dans l’eau et n’en est jamais ressortit… D’après la légende, il est encore là et certaines personnes jurent l’avoir vu dans le sous-bois… Si on fait le calcul il doit maintenant avoir plus de 100 ans, ça doit être un sacré gaillard ! ;)… Le morbide des histoires racontées à son sujet n’enlève rien au charme de l’endroit. C’est un lieu complètement sauvage malheureusement très touché par le braconnage des poissons et des hypotragues (espèces d’énormes cerfs avec de très longues cornes et des sabots comme ceux des chevaux). D’ailleurs en parlant de braconniers, 2 se sont fait chopés par nos pisteurs et on a donc récupéré leur pêche… Vous pouvez voir en photo jointe l’un des poissons « confisqués », appelé poisson chien, il donne pas trop envie de se baigner, heureusement que je l’ai vu qu’après être allé à l’eau ;)…

 

 La piste pour y parvenir est particulièrement défoncée, entretenue par le seul passage de rares charrettes en provenance du Nord. J’ai d’ailleurs aujourd’hui de grosses courbatures au cou tellement nous étions chahutés. Le paysage est quasi-indescriptible, mélange d’arbres/arbustes, herbes hautes. Végétation souvent très dense, rarement aérée… Des termitières géantes se dressent un peu partout, on dirait des cathédrales, certaines atteignent 3m de hauteur… Les oiseaux aussi sont magnifiques, les corriers sont mes préférés, ils sont vert avec des reflets parfois bleus, impressionnants, bref, une nature exaltante !

 

            Qui ne va pas aux chutes sans l’espoir de voir des éléphants, voir des panthères ?... Nous en faisions partis mais nous n’avons pas eu cette chance… Heureusement que les traces étaient bien réelles, les crottins biens présents, et les dégâts parfois impressionnant témoignaient du passage des mastodontes. Un petit singe nous a consolé pour ce qui est de la faune ! La baignade aussi était le lot de consolation idéal. Cette promenade d’une journée était organisée par Hans, un allemand qui travail pour la préservation du parc naturel, un amoureux de la nature, un fêlé comme on les aime ! Pour le déjeuner, une chèvre nous a accompagné jusqu’à son lieu de sacrifice, non loin des chutes, délicieuse ! Vous pouvez voir en photo jointe ce qu’on manger les pisteurs (la tête et les pattes, bon ap’ !) On ne s’aventure pas dans ces coins sans pisteur (à moins d’être un peu fou…). Ils sont de précieux conseils pour ce qu’il y a à voir, identifier les traces, marques, excréments, directions…

 

            Vous avez bien compris que je me sentais dans mon élément, une aventure extraordinaire qui m’a bien changé les idées et m’a fait le plus grand bien ! Dans les prochaines prévisions, nuit à la belle sur la colline des singes avec Hans, je sens que ça va me plaire, je vous raconterai !

 

            Allez, bises à chacun de vous, merci pour vos mails nombreux et à bientôt !

 

PS : je vous laisse l’aventure en image avec l’album ci-joint…