26 octobre 2007

News n°8 : Juste un clin d'oeil

Le 25/10/07, 19h52, Miséréor

            Je profite des quelques minutes qu’il me reste avant le dîner pour vous partager mon après-midi d’hier, c’était tout simplement super ! Nous sommes allés avec Rémi dans le village de « la carrière » pour aider Romain, natif du village, à transporter des pierres en latérite pour faire les fondations de sa future maison. Le dernier orage avait mis à plat sa première habitation en terre… Me voici donc plongé au milieu de la brousse entre les plants de maïs, les chèvres, les cochons et les poules, sur un petit carré de terre où une tôle, soutenu par quelques briques en boue séchées, abrite Romain, sa femme et ses 3 enfants. Nous chargeons le véhicule avec les enfants attirés par notre présence, sortis de je ne sais où, pour aller chercher les pierres en bas de la « montagne » (colline de 30 m au plus). Je monte dans la benne avec 6 tom-pouces en haillons de 6 à 10 ans à peu près. On ne se comprend pas bien car ils ne parlent que le dialecte local : le moundang. Les regards suffiront à faire passer la joie qu’ils ont à monter dans un véhicule… Des sourires, beaucoup de sourires, des éclats de rire même, un moment exceptionnel ! Nous arrivons à l’endroit voulu où Romain avait entassé les blocs de pierre qui serviront à construire l’édifice. C’est dans une joyeuse ambiance que tout le monde se met à charger les pierres. J’ai pris une bonne leçon d’humilité en voyant les gosses porter des charges plus lourdes qu’eux sans se plaindre une seule fois… Le plus impressionnant reste Romain (environ 40 ans), véritable force de la nature, qui arrache de sol les blocs les plus massifs. Le tout sous une pluie rafraîchissante, l’instant est magique, dénudé de tout postiches.

           Le retour se fait à pied car la voiture est déjà trop chargée et l’on entend des craquements bizarres provenant de l’essieu arrière, Inch’Allah ! Finalement la voiture tient le coup et rebelote pour le déchargement : sourires, entraide, pluie, re-sourires… C’est extra, je me sens bien ! Romain demande à sa femme (qui ne parle pas non plus français) de nous préparer la boule de maïs avec quelques morceaux de viande. Malgré la boule de riz sauce oseille que nous avions mangée juste avant de venir, il faut faire honneur et on ne peut refuser un repas lorsque l’on devine le sacrifice que fait la famille pour nous l’offrir. On nous sert aussi une gamelle d’eau très trouble, tant pis, j’ai soif et me dis que si les enfants la boivent, après tout… Pour le moment, toujours pas de diarrhée à l’horizon mais je touche du bois…

            C’est très émouvant d’être accueilli comme on l’a été dans un endroit où il y a si peu de choses… Juste une hospitalité débordante et c’est bien là l’essentiel ! Je regrette tellement de ne pas avoir eu mon appareil photo pour vous faire partager le décor, je tâcherai de le prendre la prochaine fois ;)

            Des instants comme celui-ci me regonflent à bloc et me font oublier toutes les difficultés quotidiennes…

            Voilà, c’est tout… mais c’est tellement !!!

24 octobre 2007

News n°7 : Vive les fratern's !

Le 22/10/2007, 20h47, Miséréor,

 
            Voilà quelques temps que je n’ai pas écrit mes aventures mais quelques problèmes que je ne peux évoquer sur mon blog ont occupés les dernières pages de mon carnet. Me voici donc à peu près dispo pour vous raconter quelques évènements de cette semaine passée. Je dis « à peu près »  car le moral est assez bas et je me donne un sacré coup de pied au derrière pour écrire encore dans ce carnet. Finalement, la seul motivation qu’il me reste pour rédiger mes histoires est de savoir que vous me lisez, qui que vous soyez, et ça me fait du bien de partager ce que je vis ici ! 

            Côté anecdotes insolites, je vous renvoi à mes photos qui parleront d’elles mêmes. Il me reste cependant à vous raconter une étrange rencontre vendredi dernier, celle de Jean Nicolas, coopérant DCC à Laï (200km de Pala) avec qui nous nous sommes trouvés un point commun et pas des moindres… il est Gadz’ ! Comme quoi, ils sont vraiment partout ces gadzarts… Je ne vous cache pas que le moindre « repère » fait du bien quand on se sent un peu pommé au fin fond du Tchad. Il a passé le week-end à la maison (c’est un ami de Rémi) et nous avons pu « frastern’ser » (« trinquer » dans notre jargon gadzarique) dans un des endroits les plus improbables que les fratern’s ont sûrement jamais connu… Au sporting , ce fameux bar dansant où l’on s’assied sur des cageots et où tout le monde danse le chacouta ! C’était très drôle et ça m’a permis de penser un peu à autre chose. 

            J’avoue que les amis me manquent de plus en plus… et je ne vous parle pas de la famille qui s’est réunie Samedi dernier pour fêter les 30 ans de mariage de mes parents, le tout dans le Beaujolpif ! Snif… Je découvre au fur et à mesure des jours qui passent les gens à qui je tiens vraiment et je me surprends à vouloir leur crier que je les aime ! L’association « A Bras Ouverts » dont je vous ai déjà parlé a une place toute particulière dans mon cœur et l’album photo qui m’a été offert avant mon départ est les meilleur remède que je possède contre les coups de blues… Encore mille mercis pour tout ce que m’a donné de vivre cette asso ! (Je ne fais pas de la pub mais… pour ceux qui sont curieux, c’est pas compliqué : « A Bras Ouverts » sur Google et hop, vous voilà plongé dans un monde étonnant, plein de magie, si si ! Essayez !)

            Je me rends bien compte qu’une grande partie de moi est encore en France par la pensée, et le cordon est difficile à couper ! L’équilibre est délicat, vivre pleinement ce que j’ai à vivre ici sans me perdre pour autant, c’est un vrai challenge ! 

            Je me permet d’insister sur le besoin que j’ai d’avoir de vos nouvelles, qui que vous soyez, ça me fait toujours un immense plaisir de vous lire, un repère, des souvenirs, une ambiance, un petit voyage aller-retour vers vous de quelques minutes, ça me fait du bien ! Je suis touché par tous les commentaires, que l’on se connaisse bien ou non…

            A votre bon cœur, et bonne suite à chacun de vous !

17 octobre 2007

News n°6 : je sais pas

Le 13/10/07, 6h, Bongor

      Je profite que tout le monde dorme encore pour vous écrire mes dernières péripéties… La plus impressionnante date d’avant-hier, vers 15h. Je ne vous ai pas encore beaucoup parlé du climat, et bien que je dise souvent qu’il fait très chaud, nous sommes sur la fin de la saison des pluies qui rafraîchissent tout sur leur passage, que du bonheur un peu de fraîcheur ! Le problème est que les dernières pluies de chaque saison pluvieuse sont souvent diluviennes, ce sont même des orages comme on n’en voit pas en France… Quand un orage s’annonce, on le voit arriver de loin tellement le ciel s’obscurcit à l’horizon, ensuite il y a de grosses rafales de vent qui commencent les dégâts en arrachant quelques toits en paille mal fixés. Il y a entre ¼ d’heure et une demi-heure pour tout ranger et se mettre à l’abri. Une fois que ça commence, on ne peu plus mettre le nez dehors ! Des ruisseaux de boue se forment un peu partout afin d’évacuer comme possible les mm d’eau qui s’accumulent. Le bas des murs en terre se gorgent de flotte provoquant parfois l’écroulement des constructions. Les éclairs fusent, les oreilles sifflent, branle bas de combat !!!

       J’en reviens à avant-hier, l’orage s’annonce, tout le monde rentre chez soi, et moi dans mon boucaro. Ca tombe bien, c’est l’heure de siester… Je commençait tout juste à m’assoupir, bercé par les trombes d’eau, quand la foudre à frappé ma case ainsi que la maison des voisins ! Y’avait le son en même temps que la lumière. J’étais complètement secoué, une montée d’adrénaline à en couper le souffle, en l’espace d’1/4 de seconde j’avais les mains sur le visage sans même l’avoir voulu, c’est étonnant les réflexes… Je me suis reçu une retombée de poussières qui venait je ne sais d’où… Heureusement pas de gros dégâts, juste le mur de la salle de bain un peu effrité par endroits, ma salle de bain toute neuve !... bouh… Un peu d’enduit et une couche de peinture et on y verra que du feu. La voisine quant à elle s’est pris une grosse décharge alors qu’elle touchait un robinet, je crois qu’elle a été 10 fois plus secouée que moi, beaucoup d’installations électriques ont grillées mais heureusement, pas de blessés…

      Sans transition, j’ai fini mon lance-pierre dont vous pouvez voir une photo, pour le moment je m’entraîne sur cible (bouteilles de coca) mais je vais bientôt passer aux chauves-souris et aux margouyas, ils n’ont qu’à bien se tenir !

      Dernière aventure notoire, nous avons crevé hier soir entre Kelo et Bongor. Il devait être 20h30 environ mais la nuit tombe à 18h ici donc il faisait nuit noire. Nous étions 2 (ac Rémi), le pneu a éclaté sans prévenir… Changer une roue en pleine nuit prend des proportions différentes ici… Des centaines d’insectes sont attirés par les phares, il fait super chaud, on voit rien, on est au milieu de nulle part… Bref, c’est rigolo si ça ne s’éternise pas trop !
Allez, je dois filer au marché, bye !

 

 le 15/10/07, 18h30, Miséréor.

     Je réserve cet épisode à toutes les petites choses qui font mon quotidien et dont je n’ai pas encore parlé dans mes aventures…

     Pour commencer, j’ai l’impression d’être au pays de la cacahuète ! Arachides par ci, arachides par là, nous sommes en pleine saison et il y en a partout ! Les cultivateurs étendent leurs récoltes au soleil une fois les enveloppes retirées, et on peut voir en pleine rue de grandes surfaces d’arachides qui ont une couleur rougeâtre. Les surfacent atteignent parfois plus de 25 m², et il y a une sacrée épaisseur ! Dommage qu’il n’y ai pas de Pastis parce que là, il y a de quoi en faire des méga-apéros !...

     Le Tchad est aussi, comme beaucoup de pays d’Afrique, un pays de tissus, pagnes, étoffes, aux mille couleurs et autant de motifs. Il y a dans chaque marché un endroit réservé à ce commerce où se négocient chaque jour les prix qui dépendent des qualités des tissus ainsi que du lieu de vente. Et qui dit tissus dit ?... Couturiers ! Il y en a de partout, appliqués à leurs machines à coudre qui ressemblent à celles de nos grand-mères… J’entends par là qu’elles sont actionnées au pied (n’oubliez pas qu’il n’y a pas d’électricité), ce qui forme par ci, par là des regroupements de cliquetis se transformant parfois en vrais orchestres, mélange de parlotes et de travail, quelle ambiance ! J’ai moi-même acheté mon premier pagne dans lequel je devrais bientôt tailler une chemise… Et du sur-mesure, s’il vous plait !

     Dans la continuité des arachides et des tissus, il y a les fruits en tout genre, et plus particulièrement les goyaves dont c’est la saison. On se gave donc de ce fruit délicieux qui ne se conserve pas bien longtemps, c’est Boubou qui s’en lèche les doigts !

     Pour finir ce chapitre avec quelques infos insolites sur mon quotidien (histoire de ne pas vous endormir), j’ai oublié de vous parler lors de mon paragraphe sur les bestioles des crapauds et des scorpions. Je n’ai jamais vu autant de grenouilles/crapauds de toute ma vie. Ils sortent le soir pour infester les rues. Il y en a de partout et il n’est pas rare d’en écraser ou de « shouter » dedans, en tong bien sûr... Pour les scorpions, y’en a pas beaucoup et il sont petits. J’en ai vu que 2 pour le moment et ils ne sont pas mortels. Il parait juste que ça fait un mal de chien pendant 24 h mais rien d’alarmant…
Dans la série bestioles, je vous parlait des chauves-souris qui son très nombreuses, j’ai vu à Bongor des manguiers remplis de ces bébêtes qui font un boucan d’enfer et qui sont trop laides ! On ne voyait même plus la branche tellement il y en avait, un essaim de chauves-souris ! Je vous enverrai une photo dès que j’aurai réussi à en tirer une au lance-pierre…

       J’allais oublier de vous dire comment nous nous éclairons. Nous fonctionnons ici sur une batterie 12V qui se recharge en journée avec des panneaux solaire. Le petit pb du moment est que la batterie se fait vieille et nous finissons presque toutes nos soirées à la lampe à pétrole. Par exemple, au moment où j’écris, je suis déjà à la lanterne… C’est dans ces moment que l’on prend conscience du confort dans lequel nous vivons en France. Pareil pour le gaz, on ne peut pas toujours en trouver à Pala, et lorsqu’il n’y en a plus, on fait comme ont fait nos ancêtres pendant des décennies, le feu de bois ou plus couramment le feu de charbon dans des vasques en fil de fer tressé ce qui aère bien les braises et laisse tomber les cendres… Quand il s’agit de faire chauffer l’eau du thé pour le petit déj, on se surprend à rêver d’un bon gros Buta, y’a que ça de vrai !!!
Allez, en espérant que ça vous a éclairé sur ce que je vis ici…
Amchi Afé ! (Restez en bonne santé…)

10 octobre 2007

News n°5 : Tom Sawyer !

Le 10/10/2007, 16h29, Case Miséréor

            J’ai écrit pour la dernière fois il n’y a que 3 jours, et pourtant, il c’est passé tellement de choses depuis que je ne résiste pas à l’envie de vous les racontez !

 Premier évènement, j’ai enfin emménagé dans ma nouvelle case. C’est le grand luxe comme vous avez pu le constater sur les photos, mais c’est pas parce que c’est confortable que l’on y dort bien… Explications : Tous les petits (et gros) bruits mystérieux du dehors semblent décuplés. Je ne faisais pas bien le fierrot pour ma première nuit et n’ai pas beaucoup fermé l’œil. Entre les chauves souris et les oiseaux nocturnes, on est déjà pas déçu… Y’a effectivement une chouette qui ne s’arrête jamais et j’ai l’impression qu’elle me chante dans les oreilles, vivement que je la tire au lance pierre (cf plus bas) ! mais rajoutez à ça le passage des gens dans la rue, les grillons, la musique du bar dansant « le sporting » dont je vous ai déjà parlé, et la cerise sur le gâteau : l’appel à la prière du muezzin tous le matins à 5h… Youpppiii !!! Heureusement qu’on peut faire la sieste dans l’après midi !

 2ème aventure : j’ai tué mon premier serpent hier matin. J’avoue qu’il n’était pas bien grand mais quand même ! Je l’ai vu une demi seconde avant que je ne marche dessus (en tong bien sûr…), vous imaginez la montée d’adrénaline et le saut que j’ai fait !... Ici ils ont une peur bleue des serpents car y’en a des pas bien gentils, alors dès qu’on en voit, il faut les tuer à coup de bâton. Bref, j’ai été servi et ne pensait pas en voir de si tôt.

          Pour continuer dans les aventures de Tom Sawyer, ici les gens chassent les oiseaux au lance pierre (faut bien becter !), alors ni une, ni deux, je me suis procuré tout le matériel nécessaire au marché (caoutchouc, cuir, tissus) pour m’en fabriquer un ! Il ne me manque plus que le bois en Y et c’est bon ! Pour les projectiles, on prend soit des cailloux ronds, soit de la boue de termitière que l’on mouille pour former des boulettes (15mm de diam environ) qu’on laisse ensuite sécher (ça devient dur comme de la pierre !). Beaucoup de gens on des lance pierres ici, et c’est parfois considéré comme une arme. Les plus habiles peuvent tuer un oiseau à plus de 50 m ! (Manu, t’en fais autant avec ton arc ?)

             Je vous garde le meilleur pour la fin, peut être que pour certain ça paraîtra ridicule, mais pour moi… J’ai acheté mon premier coq vivant au marché cet après midi pour 2000 FCFA (3euros). On l’a ensuite ramené à la maison puis Blaise m’a expliqué comment le zigouiller… Alors ça y est, j’ai tué ma première volaille et on la mange ce soir, coooool ! Vivement le cochon, on m’a promis que j’y aurai droit ! (au couteau bien entendu). L’étape encore après c’est le bœuf (toujours au couteau), mais là je suis moins chaud, peut être avec le temps…

Allez, vive les aventures et bonne continuation à chacun!

N’oubliez pas de me donnez de vos nouvelles les zamis…

08 octobre 2007

News n°4

Le 1 Octobre, 21h45, Miséréor

            Ce soir je ne suis pas bien rassuré… Nous avons appris ce midi que des affrontements mortels avaient eu lieu dans le village de Keuni, à 100 km de Pala environ. Ces affrontements opposent les « Gorans » (arabes du Nord) et les « Gambaïs » (ethnie du Sud) qui n’ont jamais fait bon ménage. On parle d’une dizaine de morts et de la moitié du village incendié (238 cases), tout le monde a fuit, les femmes et les enfants et les enfants se sont réfugiés en brousse, le village est vide, on a pas plus d’infos, on sait juste que c’est partit d’un morceau de savon qui coûtait apparemment trop cher… Ici, quand ça dégénère, mieux ne vaut pas être là !  Cet évènement a été l’occasion de discuter des problèmes interethniques et de l’insécurité générale, j’avais pas prévu ça, il faut pas non plus que je psychote, mais là, j’avoue que je suis pas dans l’endroit le plus sécu de la planète…

 

             Je ne me souviens pas vous avoir parlé des anti-gangs ?... Ce sont des patrouilles que l’on voit circuler régulièrement dans Pala, dans des 4*4 armés jusqu’au dents (mitrailleuses lourdes, lances roquettes…), en tenue militaire et enturbannés, on ne voit que leurs yeux. Parfois ils ont des lunettes de soleil, c’est trop la classe et on se croirait vraiment dans un film, sauf que c’est pas un film… Ils sont là pour zigouiller les coupeurs de routes, donc on peut dire que c’est des gentils même si il vaut mieux pas avoir à faire à eux, ils ont la gâchette facile paraît-il…

 

            Bon, tout ce que je raconte est vrai mais c’est à prendre avec des pincettes, je dois certainement déformer un peu parce que j’ai peur et que je ne connais pas, mais le fond est véridique, comment réagir face à ça ?

            Je me surprend à rêver de notre bonne vieille France et à sa gastronomie, le fromage … je dois me promettre de ne plus jamais me plaindre de la nourriture en rentrant !!!

 

 

Le 7 Octobre, 15h26, Miséréor.

            C’est fou comme le temps file vite ici. Je ne vois pas les jours passer, et c’est plutôt bon signe… Signe que je ne m’ennuie pas 1 seconde ! Entre le boulot qui est super intéressant (même si pas toujours facile) et ma case à retaper, en passant pas les visites au quartier et les sorties au « sporting » (bar dansant), on peut dire que je suis bien occupé.

 

            Côté boulot, je prends mes marques petit à petit et me familiarise avec le fonctionnement du Service D’aide à la Construction et à l’Entretien (SDCE). Je suis très emballé par une commande de fauteuil roulant pour enfant handicapé. Le cadre sera fait à l’atelier soudure mais la conception, c’est pour moi ! Super, on essaye de voir avec Valérie (ergonome) les dimensions générales du tricycle, et c’est un boulot vachement intéressant (cf image jointe). Ca c’est une partie passionnante de mon boulot mais il y a surtout la restructuration et l’organisation des ateliers qui est la plus grosse part de mon travail. Je reprends donc des choses de base : un plan clair des ateliers, un organigramme histoire de savoir qui fait quoi, qui est responsable de qui ?... car ici c’est un peu la fête du slip pour reprendre une bien belle expression française !... Il faut en même temps assurer les commandes en cours et un gros travail de planification reste encore à faire. Je trouve que les horaires sont idéaux : 6h30 à 13h30, ce qui nous laisse nos après-midi libre pour siester un peu et faire des activités changeantes.

 

            J’ai reçu quelques lettres et mails qui m’ont littéralement rempli de joie ! Les commentaires sur mon blog ont à peut près le même effet… Je vais tenter de répondre maintenant à quelques unes de vos questions.

 

            On me demande plus de détails sur les bestioles et autres insectes que je rencontre ici. J’avoue être servi. Il y a énormément de « Margouyas » (gros lézards). La nuit se sont les chauves souris qui pullulent ! Je ne pensais pas que ça pouvait faire autant de boucan ! Il y a aussi pleins d’autres sons étranges pendant la nuit mais je ne sais pas ce que c’est… En plus c’est le Ramadan alors on entend pas mal le muezzin qui appelle à la prière. Pendant qu’on est dans les bêtes, je rappelle qu’il y a pleins de cochons partout, des chèvres, des poules et des pintades à foison, pas mal de bœufs pour tirer les charrettes et quelques chevaux. Tous les animaux (sauf les bœufs) sont en liberté dans les rues et c’est source de beaucoup d’accidents de la route. Encore tout à l’heure on a vu un chevreau se faire taper par une moto et faire littéralement un 360° sur place, c’est assez marrant mais j’ai eu mal pour lui…

 

            Côté insectes, il y a un peu de tout ! Les moustiques sont quasi-inexistants en journée et ne sortent qu’à la tombée de la nuit (vers 18h) et lorsqu’ils se réveillent, croyez moi qu’ils sont nombreux ! Pour les araignées, on peut en voir des bien belles (cf photo jointe) et bien grosse, de toutes les couleurs, de toutes les formes (des très plates qui rentrent partout) et pas attirantes du tout… Le soir, les lucioles se mettent à scintiller et c’est magnifique, il y en a pas mal, c’est tellement magique comme petites bêtes ! Je crois que c’est à peu près tout pour les animaux, mais c’est déjà pas mal non ?

 

            Pour ce qui est des évènements de la semaine, Valérie est rentrée Mercredi soir de vacances au Cameroun et nous sommes désormais 3 coopérants DCC à cohabiter ! Je trouve ça bien sympa, ils sont vraiment chouette et font beaucoup pour mon insertion dans le quartier. Valérie m’a montré le grand marché du Samedi…

            C’est tellement dingue ce marché, on trouve de tout et n’importe quoi, il y a énormément d monde et d’odeurs différentes. On passe des légumes aux poissons séchés qui blairent en passant par la viande découpée à la machette sur des grandes tables en bois, le tout infesté de mouches. Ensuite il y a les épices et les pagnes, quel bouquet de couleurs !!! On s’en met plein les yeux malgré la chaleur écrasante (et dire que pour le moment il fait « frais »). On se sent juste un peu beaucoup regardé quand on est blanc, mais ça n’est pas si oppressant que ça… Il y a pas mal d’enfants, certains nous suivent curieux de voir un « Nassara » (Blanc).  C’était un bon moment et j’y retournerai avec plaisir !

 

            Autre grand évènement : ma case est quasiment terminée !!! J’ai hâte de m’y installer… Il ne reste plus que les moustiquaires à installer aux fenêtres. Mon matelas est en ce moment même dans le jardin en train d’être éventré / vidé de son coton / lavé / tapé / rembourré / recousu, le tout par un gars du quartier qui fait ça pour 2250 FCFA (moins de 4 euros).

 

            Voilà pour les nouvelles, n’hésitez pas à m’écrire si vous voulez plus de détails sur tel ou tel aspect de ma vie ici, ça me fera toujours plaisir !... Pour ceux qui veulent m’appeler, il y a de gros problèmes de réseau en ce moment donc il faudra patienter un peu…

 

            Allez ! Bises à chacun et vive cette coopé qui commence à être passionnante !!!