09 septembre 2008

Avec bcp de retard...


Re-bonjour à tout le monde ! Me voilà reparti pour un an de coopération à Pala, motivééé ! Je n'ai pas eu le temps de recopier mes derniers écrits, alors je vous transmets ceux qui datent d'avant mon mois de vacances et que je n'avais pas pris le temps de mettre sur mon blog...

à très bientôt pour des nouvelles plus fraîches... euh... plutôt humides et chaudes en fait ;)
Ciao !

PS: dsl pour les fautes s'il y en a, pas le tps de me relire !

Le 28/07/08, 18h48, Fianga
Vert, vert, vert… Tout est vert ! Les paysages arborent une flore luxuriante d’herbes et de champs, maïs, arachides, jeunes pousses et pousses déjà bien avancées. Les caïcédrats ont retrouvé leur feuilles et les pluies leurs sillons qu’elles creusent un peu plus à chaque fois, créant de petits ruisseaux un peu partout sur les routes et de petites rivières sur les bas côtés. Hier, il est tombé 47mm en 1h, ce qui n’est pas énorme pour ici, mais serait considéré comme un gros orage chez nous. Le ciel s’assombrit en un rien de temps et la nuit nous surprend avant l’heure. Le trajet de ce matin pour venir à Fianga fût un vrai plaisir… Le soleil matinal caressait de ses rayons chaque scène qui se découvrait à moi, libre comme le vent sur mon fidèle destrier Honda… Des odeurs en tout genre se dégageaient des paysages chargés d’humidité et de verdure, des odeurs agréables, douces, mielleuses, 100% naturelles ! Une bande de 3 à 4 m de large en latérite pour les bons endroits, en eau boueuse pour les moins bons, fait office de route, tranchant distinctement son rouge avec le vert ambiant. Le temps est au sarclage, certains retardataires labourent en hâte des carrés de terrain desquels ils obtiendront de quoi nourrir leurs familles. « Les femmes et les enfants d’abord !... », il faut bien reconnaître qu’on les voit plus nombreux que les hommes aux travaux harassants de l’agriculture locale. Plié en deux, d’une souplesse déconcertante, ils nettoient, plantent, labourent, sarclent… avec une petite bêche que l’on nomme ici une « houe ». Seuls les labours avec les bœufs ne regardent que les hommes…
Toute cette nature est d’une harmonie calme, qui me laisse béat par sa beauté, par sa grandeur, par son mystère, par sa vie éclatante, j’ai parfois l’impression de sentir battre son cœur tellement je me sens proche d’elle… ne dit on pas Dame nature ? ou encore la nature mère ?... Je réalise ici pleinement ce que cela signifie. Les grenouilles et crapauds pullulent, accompagnant sporadiquement mon voyage de leurs croassements, lesquels sont assourdissant par endroit tant le nombre de batraciens est important. Les animaux ont ici une place particulière, ils font constamment partie du décor. Il y a à chaque tournant un agneau, un chevreau, un chiot, un porcelet, des poussins, des canetons… bref, tout ce qu’il faut pour nous rappeler que la vie grouille par ici. Des bébés sont aussi dans tous les dos des mamans, des jeunes filles, des grandes soeurs qui ne doivent pas avoir plus de 6 ans parfois. Certains sont suspendus au sein de leur mère, tétant comme ils peuvent, tirant, s’agrippant à une poitrine le plus souvent plate comme un gant de toilette. Peu de pudeur par ici, en tout cas pas placée au même niveau, aux mêmes endroits ;)

Je raconte, je raconte… mais je n’ai toujours pas parlé de mon premier cochon tué Samedi pour fêter le départ de Valérie ! Quelle fête, et quel méchoui délicieux !!! La cuisson dans le four à pain est décidément une réussite incontestable, un régal, un délice, j’en ai encore l’eau à la bouche… Voyez vous-même la photo, même si il manque le goût et l’odeur…
J’apprécie énormément la simplicité avec laquelle cette fête a pu avoir lieu. Nous étions une vingtaine et y’avait tout de même un peu de préparatifs… e n’ai pas vu l’après midi passer tant nous étions occupés à préparer les salades, chauffer le four, préparer le cochon… Le gaz nous ayant fait faux bond, nous avons cuisiné au ganun (charbon de bois), et toutes ces activités m’ont énormément plut ! Je me serais cru comme un petit enfant émerveillé par tout…

Oui, c’est je crois la meilleure traduction que je puisse faire de ce que je vis depuis quelques semaines, je me sens comme un petit enfant émerveillé, et c’est du bonheur !

Le 2/08/08, 23h17, Colline
C’est à la lueur d’un petit feu de bois que j’immortalise l’instant magique que je vis en ce moment avec Bastian. Il est de passage à Pala pour un mois pour découvrir et donné un coup de main (il est étudiant en médecine / 4année). A la veille de mon départ en congé, nous avons décidé de passer la soirée (et peut être la nuit ?) sur ma colline. Nous dominons le paysage presque quasiment éteint de Pala, 8 lumières, plus 2 antennes… Le reste est dans l’obscurité la plus complète. Les étoiles se sont cachées derrière un voile de brume, le ciel était magnifique il y a 20 min… Un petit feu de camp, une tisane, des amandes / noisettes / raisins secs ramenés de Suisse, un pur pote : le bonheur quoi ! Je partirai demain pour N’djamena.

Entre N’djamena et Paris, 0h43, 5/08/08
J’y crois pas, et pourtant j’y suis… je suis dans l’avion… Nous avons décollé il y a moins de 2 h. Valérie est avec moi, elle rentre définitivement après 2 années passées à Pala, toute bonne chose a une fin ! Cette fin ouvre sur d’autres choses, toutes aussi belles si nous en prenons soin.

Le froid glacial de la climatisation air-France annonce le dépaysement ! Le service aussi… L’ambiance aseptisée nous replonge dans notre univers un peu oublié.
Ces deux derniers jours ont étés particulièrement intenses ! Nous avons effectivement passé la nuit à la belle étoile lors de mon dernier écrit. C’était magique, et même si nous n’avons pas dormi en réalité, nous étions heureux de discuter avec Bastian, motivés pour aller chercher un peu de bois et raviver le feu qui a illuminé notre belle-étoile. Elles étaient d’ailleurs un peu timides (les étoiles) mais se sont tout de même dévoilées par instant, nous plongeant dans un décor magnifique, de grandeur, d’immensité. Le lieu était idéal, en haut de « ma colline », sur un promontoire rocheux, (presque digne du roi lion !) nous étions les rois du monde ! Retour à la maison une fois le jour levé, dernière marche en brousse avant la prochaine !
Derniers au revoirs pour Valérie puis nous quittons Pala en priant que les nuages menaçants ne se transforment en pluie. Nous arriverons finalement de justesse à Kelo, fin de la piste, début du goudron, plus de « barrières de pluie » à craindre.

L’arrivée à N’djam s’est faite sans encombres en début d’après midi. Frédéric (coopérants DCC) nous a accueilli comme d’habitude, un vrai plaisir !

Arrivée à Kabalaye et installation, nous sommes ensuite allés à « la plantation », bar réputé de N’djamena pour son ambiance. A 16h, la piste de danse est remplie, il y a peut être 500 personnes, c’est tout simplement hallucinant ! On se croirait un peu en boite de nuit sauf qu’il fait jour… Le ciel couvert ne semblait pas se décider à éclater en orage, la musique criait, les gens dansaient, puis vinrent quelques gouttes vers 19h. Tout le monde sort ainsi que nous. L’orage éclate enfin, un peu, puis beaucoup. Nous étions dans la benne, trempés jusqu’aux os mais rafraîchit par cette pluie qui nous faisait du bien.
Il ne s’est pas arrêté de pleuvoir, les rues se sont inondées, charriant toutes les ordures possibles et inimaginables. Nous nous embourbons et mettons quelques longues minutes, pieds nus avec de la flotte jusqu’au genoux, à sortir la voiture. Nous arrivons finalement au centre d’accueil pour allonger Elaki (amie des coopérants) qui est tombé dans les pommes entre temps… La pluie ne cesse pas, l’eau continue à couler, le niveau à monter jusqu’à atteindre 30 cm dans la cour du centre d’accueil. Toutes les chambres au rez-de-chaussée sont inondées, les affaires de Valérie trempées, ambiance…
Ce serait long de vous décrire le branle bas de combat, mais nous avons fini vers 1h du mat, épuisés, après avoir raccompagné à pied Elaki dans les rues de N’djamena. (les véhicules ne pouvant plus sortir de Kabalaye.
Il y avait de l’eau jusqu’au dessus des genoux par endroits. Un nombre d’ordures incroyables, le tout brassé dans une odeur pestilentielle, le comble de l’insalubrité.
Les dégâts ont réellement pu être constatés au réveil ce matin. De nombreuses habitations se sont écroulées car en terre séchée, des pans entiers de murs emportés par la pluie. Un agitation incroyable pour réparer/constater/s’assurer que les proches/la famille n’ont rien de trop grave… Il n’avait pas plus comme cela depuis 1988, c’est indescriptible. Le tout dans le noir, éclairé par les phares de motos/voitures circulant sur le goudron épargné car surélevé. Pieds nus dans la boue et la chienlit en pleine nuit, dans une capitale, je m’en souviendrai !...
2ème nuit peu reposante, plus l’excitation du départ, je me sens sur les nerfs et vais tenter de dormir maintenant.
Il est 1h37, j’arrive en France dans 5h, je n’en reviens pas…
Bon repose ;).

21 juillet 2008

News n°33: The last before holidays !

Le 11/07/08, 21h29, Pala

 

            Bénigne est arrivé ! Voici enfin la venue de l’inconnu qui me met fidèlement des commentaires sur le blog… Il a su me prendre par les sentiments en m’offrant une tablette de chocolat côte d’or avec des grosses noisettes, hmmmm... l’attention idéale ! Il ne reste que 10 jours au Tchad pour une mission de formation à l’union de club d’épargne et de crédit (UCEC) de Pala. Il n’est d’ailleurs pas tout seul puisque François, collègue de boulot, est aussi du voyage. L’ONG pour laquelle ils travaillent s’appelle planète finance, elle soutient et développe des structures de micro crédit à travers le monde entier.

 

BENIGNE FRANCOIS.JPG

 

            On a donc passé nos trois dernières soirées à discuter, refaire le monde, et partager les fruits de nos expériences respectives (Bénigne était lui-même coopérant à Pala de 98 à 2000). C’est cool et ça fait du bien de se sentir compris, un espace qui tombe à pic où je peux « déballer mon sac »… C’est aussi l’occasion de parler de tous types de sujets avec deux jeunes qui ont un pied en Europe (en Belgique plus précieusement, vive la bière !) et donc des discussions un peu plus élaborées que « comment ça va ? ça va bien ? les activités ? et la famille ?... » Bref, vous l’aurez compris, ça m’a fait du bien !

            Changement de registre et anecdote insolite… J’ai donné un coup de main à Blaise pour ramener des parpaings de ciment chez lui : un tas de vieux morceaux amoncelés qu’il fallait débarrasser des ateliers. C’était hier après midi. Alors que nous chargions les moellons dans un véhicule, blaise, s’est tout d’un coup mis à courir à la recherche d’un bâton, qu’avait-il vu ?  Moment de suspens, serpent ? gros scorpion ? pas du tout… Revenant à la charge avec un bon gros manche, il appuie sur qqch et j’entrevois une fourrure tacheté ?!! Il bloque un animal et nous demande de l’aide pour l’achever ?!. On ne voit pas bien la bestiole qui est sous les parpaings alors je commence à retirer les blocs jusqu’à apercevoir la tête : une civette ?!!!

 

CIVETTE.JPG

 

En aviez vous déjà vu ? la taille d’un gros chat, une tête de petit Renard, une fourrure moucheté type léopard, et une queue annelée / rayée, mignon comme tout… Ne sachant pas bien si c’est dangereux, et étant donné la vigueur avec laquelle il se débattait, ni une ni deux, un bon coup sur la trogne et il ne bougeait plus ! Moral de l’histoire, on a bien mangé cet après midi et tout le monde était content ! La viande a un goût fort (c’est ce qu’on appelle de la sauvagine par opposition à la viande d’élevage) mais avec la boule de mil et une bonne sauce, ça passe très

bien ;)

            Cerise sur le gâteau lorsque j’aperçois les enfants de blaise qui rongent une espèce de gros os qui semble avoir des dents… mais oui, c’est bien la tête de la civette dont il ne reste presque plus rien !... Ils s’amusent à me voir étonné, y’a pas photo, les gamins d’ici font pas de chichis et mangent vraiment de tout !


 

Tête civette.JPG

15 juillet 08, 18h01, Centre d’Accueil de Kabalaye (C.A.K, N’djamena)

            Plusieurs coopérants sont actuellement à N’djamena pour rencontrer notre chargé de mission, Pierre Louis Pigache, ainsi que Frédéric Mounier qui est le président de la DCC. L’occasion aussi de passer la soirée du 14 juillet à la résidence de l’ambassadeur pour rencontrer les visages de nombreux expatriés Français au Tchad conviés à la réception.

            Une bulle… Un microcosme… Un monde dans un monde… La résidence M. Bruno Fouchet (Ambassadeur de France au Tchad) est magnifique, ce qui jure un peu avec le décor local fait de rues sales et sableuses animées d’un fourmillement incessamment bruyant. Grande pelouse bordée de buffets variés d’un côté et de la résidence de l’ambassadeur de l’autre. Tenues de soirée obligatoire, petit hic pour les volontaires DCC dont le costume cravate ne fait pas parti du bagage… Certain ont donc mis les moyens, quand à moi je me suis rabattu sur le costume traditionnel Tchadien, ample et aéré, bien sûr accepté étant donné les nombreuses personnalités Tchadienne présent à cette soirée.

 


 

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Beaucoup de costumes et uniformes agrémentés de jupes longues dégingandées et de sourires diplomatiques, un vrai gratin auquel je n’avais pas goûté depuis bien longtemps !... Heureusement que nous étions 10 DCC pour se fendre la poire et profiter pleinement de se festin gargantuesque, foie gras, rillettes, mousse de foie de canard, charcutailles diverses et variées, fromages en veux tu en voilà, petit rouge pour accompagner le tout, pâtisseries fines en dessert conclué par un champagne à volonté ! J’ai bien sûr oublié les petits fours et apéritifs indénombrables de début de soirée…

            Imaginez un instant ce qu’une bande de jeunes broussards comme nous peuvent bien faire dans un pareil contexte ?... Gavage !!!... Quelques légers scrupules à l’arrivée vite effacés par le Martini… N’oublions pas le discours d’ouverture de l’Ambassadeur dont je n’ai, d’après lui, pas su déchiffrer le sens réel de son discours à travers le vernis de politesses qu’impose la diplomatie. Effectivement, délicate situation que la présence Française au Tchad après les évènements traversés cette année, je l’admets… Discours ponctué par les hymnes Français et Tchadien que quelques baffles disposées nous ont orchestré. Plus un bruit, militaires en uniformes impeccables au garde à vous, vraiment une autre planète que celle de Pala…

            Tout s’est enchaîné très vite (surtout les verres pour certains, bravo fred !…) puis nous sommes rentrés à 10 dans le kangoo du Padre (aumônier militaire de la base épervier) qui a eu la gentillesse de nous raccompagner suite à un problème de clefs de voiture qui serait trop long à expliquer !...

            Bilan, une très bonne soirée deconnectante à refaire le monde et partager nos expériences respectives de coopération autour d’une coupe de champagne !!!... Sans oublier de lorgner les buffets et autres scènes de milieu mondain dont les souvenirs remontent pour nous à bien longtemps ;)

            Impossible de ne pas remarquer les militaires (avec leurs bergers allemands et armes diverses) en ronde autour de la pelouse, et en faction à l’entrée… une réception à l’image de notre implication/présence au Tchad, d’une France à majorité militaire…

 

Milouf + berger alld.JPG

 

Le 16/07/08, 7h43, N’djamena

            Ce passage dans la capitale me fait le plus grand bien ! Ou serait-ce de retrouver d’autre coopérants, notre chargé de mission et le président DCC ? Sûrement ! L’ambiance est super et portée aux discussions passionnantes, une relecture rapide de ces 10 derniers mois qui me fait prendre conscience des nombreux fruits de tout ce que j’ai vécu. Je réalise que seuls les bons souvenirs perdurent, les moments sombres s’effacent et j’ai l’impression, en me retournant, de ne voir qu’une aventure formidable.

 

            Je profite de mon séjour à la capitale pour faire de achats pour les ateliers diocésains : câbles électrique, serrures, limes, boulons, tige filetés, porte électrode de soudure, etc… les négociations au marché sont interminables mais aboutissent toujours. Je m’amuse beaucoup dans ce milieu de bric à broc à marchander avec des commerçants arabes en tout genres. Certains parlent très mal Français mais lorsqu’il s’agit d’argent, ils arrivent toujours à se faire comprendre. Ambiance particulière du souk avec cent odeurs et mille étales. Dans lequel je me sens comme un poisson dans l’eau. Me reviennent à l’esprit les premiers mois passés au Tchad où tout me semblait si hallucinant !… Les choses n’ont pas changé, sauf mon regard et je me sens maintenant à l’aise dans ces ambiances si différentes de chez nous…

 

            Je ne peux décrire l’immense joie du resto offert par nos responsables DCC. Enorme steak tartare sans oublier la salade aux miettes de crabe en entrée et la crème brûlée en dessert !!! Le tout dans un accueil beaujolais, salle climatisée, je me serait vraiment cru en France ! Le patron du restau n’était autre que celui rencontré dans l’avion entre Tripoli et N’djamena à l’allée, vous en souvenez vous ? Les papilles sont un formidable cadeau du ciel lorsqu’elles peuvent s’exprimer, y’a pas de doute, je suis un gros glouton gourmand !

 

            Dernière chose : la rencontre de Frédéric, coopérant constructeur arrivé à Ndjamena en Mai. C’est vraiment agréable de discuter avec qqn qui se pose les mêmes questions que moi, et puis le courant passe bien alors je sens qu’on va se revoir, vivement qu’il vienne à Pala que je lui montre mon univers si différent de celui de la capitale…

 

Voili voilou, tout va bien !...

 

18/07/08, 17h37, C.A.K

            Impossible de ne pas vous décrire rapidement la journée d’hier… d’autant plus qu’une dysenterie aigue m’a cloué au lit (et aux toilettes) depuis ce matin et je n’ai donc pas grand-chose à faire… Mon retour sur Pala est donc repoussé à demain, en espérant que je serai guéri…

 

            Ma journée d’hier donc : visite de la base épervier le matin, déjeuner chez le beau père de Pierre-Louis le midi (jusqu’à 16h), pot de départ entre coopérants, aller-retour à l’aéroport pour le départ de Frédéric Mounier.

 

            La base épervier est, tout comme la résidence de l’ambassadeur, une autre bulle dans N’djamena, immense celle-là ! Une mini ville dans la ville ou des centaines de militaires passent au maximum 4mois avec un turn-over incessant. Des rues goudronnées avec des panneaux stop ?!!! Propres, tenues militaires partout, shorts, lunettes de soleil, cheveux rasés… une autre planète ou des mini bus ou voiturettes transitent les miloufs lorsqu’ils se rendent au réfectoire ou à la salle de muscu (j’éxagère à peine…) Ca fait vraiment bizarre de se savoir au Tchad…

            J’ai eu la chance de visiter la base aérienne et ses bureaux où des clichés de pick-ups rebelles pris par les avions de reconnaissance (mirages F1) sont affichés sur de grands tableaux. Le Tchad vu du ciel, c’est impressionnant ! Sans oublier l’aspect technique de ces jou-jous technologiques qui nous font pétiller les yeux ! J’ai ainsi pu passer une demi-heure avec le sergent responsable de la maintenance de la base et du parc de mirages. J’étais ga-ga comme un gamin rêve d’être pilote de chasse !...

 

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            Retour à la réalité, atterrissage forcé… Une autre réalité tout aussi extraordinaire : le partage d’un vrai repas Tchadien « à la nordiste » (Arabe), invités par le beau père de Pierre Louis qui nous a réservé un accueil formidable ! On se serait cru dans un conte des mille et une nuits tant les plats étaient colorés et variés ! Nous étions comme des rois, servis par les plus jeunes de la famille. En cercle à même le sol autour d’un napperon en guise de table. Difficile de décrire l’ambiance, chaleureuse, accueillante, sous le regard bienveillant du beau père, vieil homme serein à la vis passionnante, au sourire édenté mais si profond de sagesse… Vous imaginez le contraste avec la base épervier du matin ?...

 

REPAS tchadien.JPG

 

Bon, faut que je file, à bientôt pour de nouvelles expéditions ;)

09 juillet 2008

News n°32: Dou... la gadoue !...


Pala, le 2/07/08, 20h15,

            Me voici épuisé après un court séjour à Fianga, parti hier, retour aujourd’hui. Les kilomètres et l’état de la route entre Torrock et Fianga ont eu raison de mes dernières forces, achevées par un début d’angine et une diarrhée que je traîne depuis maintenant 2 jours…

            Mon déplacement était dû au chantier qui a enfin sérieusement commencé. Une trentaine de gaillards creusent les fondations sur semelles isolées : 30 trous de 1m² x 2m de profondeur, ça en fait du déblai ! et de la sueur… L’ambiance est bonne et le chef de chantier semble bien connaître les rudiments de la construction, ce qui n’est pas toujours chose courante ici… Je suis donc rassuré et ravi que le coup de sifflet ait été donné bien que les pluies commencent à être de plus en plus rapprochées. L’objectif est de terminer les fondations et la dalle avant les grosses pluies qui nous obligerons à faire une pause probablement en août/septembre.

 

            Valérie a profité de mon déplacement car elle devait se rendre aussi à Fianga en tant que coordinatrice du sous-volet handicapés du BELACD. C’était donc sympa de faire la route ensemble. La cerise sur le gâteau fût le passage d’un « mayo » inondé à proximité de Balagny. Quelques costauds se sont occupés de faire traverser la moto en la portant tandis que je faisait passer Valérie sur mes épaules. Vous n’imaginez pas l’animation que 2 nassaras font sans même le vouloir… Chaussures et pantalon retirés, j’ai finalement réussit à traverser sans tomber ce qui aurait pourtant été bien drôle pour nos spectateurs qui devait tant espérer la chute ! Tout ça pour dire qu’on a bien rigolé malgré la boue et les secousses que nous avait réservé la route. Les paysages sont chaque jour plus verts et l’air plus frais, c’est très agréable…

 

Fianga mayo.JPG

 

            Je viens d’entamer mon dernier mois avant le retour au bercail pour les vacances estivales, impatience…

 

Le 4/07/08, 17h38, Pala.

            Marcel (le magasinier des ateliers diocésains), sa femme Angèle et leur fille Barbara de 6 mois viennent tout juste de quitter la maison, ils étaient venu « me visiter ». C’est la première fois qu’ils allaient chez un Nassara et marcel m’a avoué à la fin qu’ils s’étaient un peu inquiétés… pour rien ! Tant mieux si ils se sont sentis à l’aise. Venir me rendre visite est pour eux une façon de me remercier d’être allé chez eux la semaine dernière, ils étaient très touchés, ravis, apparemment beaucoup d’honneur que le « patron » se soit déplacé chez eux… Ils ont donc débarqué ici à 16h avec un gros poulet en cadeau, ça fait toujours plaisir ! (sauf au réveil…)


 

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            M’ayant prévenu de leur visite, j’ai eu le temps de leur préparer des crêpes histoire de les initier au « goûter » qui n’existe pas ici. Ce fût pour eux une grande découverte gastronomique car ils n’en avaient jamais mangé, et même jamais vu… C’était drôle de les voir découvrir ce qui pour nous semble si banal. Je leur ai fait goûter du Nutella reçu par colis (encore moins connu que les crêpes), et, après avoir rempli leur cuillères, se sont regardés d’un air gêné, ne sachant pas bien comment manger autrement qu’avec les doigts… alors un coup de pouce sur la cuillère avant de finir dans la bouche, c’est tellement plus simple ! Marcel a adoré, je tâcherai de lui ramener un pot à mon retour en septembre. Il y avait aussi un fond de pot de confiture de fraise que marcel a vite fait de terminer (la fraise n’existe pas ici non plus), à la petite cuillère cette fois-ci, quel progrès ;) !

            Je suis content de ce moment passé avec eux, je crois que c’est typiquement le genre de découverte que je souhaitais en venant au Tchad, la rencontre d’une famille simple et ouverte à l’échange et au partage de nos cultures, dans le respect et la joie simple de nos différences. 

Côté boulot, les chambres médicalisées sont terminées, première réalisation enfin achevée, en voici un aperçu ! (il ne manque que les clims...)


 

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Le 7/07/08, 18h04, ma colline…

            Quel silence… encore une fois : c’est beau. Il fait chaud et humide mais, pas grave, je me sens bien. Je ne me lasserai pas des paysages du Tchad, de cette nature sans cesse en mutation, de ces oiseaux innombrables et multicolores, des couchers de soleils indescriptibles, du ciel profond et de ses nuages expressifs : énormes ou légers, qui laissent constamment entrevoir un carré de ciel bleu, même si c’est à l’horizon (très différent du plafond grisonnant de notre bon vieux ch’Nord…). Je garderai aussi en mémoire les Nashif / jus de banane de chez Ali, au rond point, le soir lorsqu’il fait déjà nuit noire, immensité constellée d’étoiles accrochées à un firmament d’encre, c’est presque éblouissant !... L’ambiance aussi y est particulière, comme hier soir, et tous les autres soirs d’ailleurs… Quelques groupes électrogènes alimentent de rares néons et les mixeurs pour faire des jus : banane / mangue / avocat / goyave… en fonction des saisons. Ce qui nous éclaire réellement, ce sont plutôt les phares des motos / mobylettes, quelques rares voitures et des camions énormes, surchargés de marchandises, surmontés de voyageurs entassés. C’est un coin à majorité arabe (ethnie  Goran) donc beaucoup de musulmans partout. L’habit traditionnel est le « boubou », longue tunique ample descendant jusqu’aux pieds. Les visages aussi ont leurs traits caractéristiques, barbichettes, profil fin, nez aquilin, grandes dents blanches, petites oreilles souvent décollées... J’aimerais tellement que vous puissiez voir cette vie grouillante et tellement différente de chez nous… 

            Ce w-e j’étais à bissi-mafou, reposant, ressourçant ! Je me suis balladé en pleine brousse entre les champs cultivés de mil et d’arachides. Encore une fois, la nature était splendide, indescriptible. Je me serais cru en pleine campagne du Moyen-Âge (en tout cas telle que je l’imagine). A part les cases en terre coiffées d’un chapeau de paille, les quelques charrettes et bœufs donnaient au paysage la ressemblance avec ce que j’imagine être notre passé, nos racines...  Les relations humaines sont très simples car tout le monde se connaît, se salue longuement. Je garderai en souvenir la rencontre de deux femmes aux seins plats pendants jusqu’au nombril (comme il y en a pas mal en brousse), accompagnés d’une ribambelle d’enfants nus aux yeux immenses et sourires radieux. Nous avons échangé les salutations en Moundang, la langue locale, puis avons communiqué par signes, et surtout par le langage universel du sourire ! Le leur, édenté, n’enlevait rien à leur charme étonnant, elles sont belles dans leurs vêtements de nature et leur simplicité d’être !

             Un croissant de lune me sourit, le soleil est déjà couché depuis 15min et un ciel rose s’estompe au dessus de moi. Des chants d’oiseaux s’élèvent de partout, il fait sombre et j’aimerais bien rester… Il est quand même plus prudent que je rentre…

 Voici quelques photos prises entre deux lignes...

Vue de la colline,  puis une photo prise sur le trajet retour...

 

Vue colline.JPG Trajet retour arbre ciel rose.JPG Coucher soleil.JPG

le traditionnel enchantement du coucher de soleil, on en mangerait !...

 

 

 

 

 

Le 9/07/08, 18h38, Salle internet

Bénigne est bien arrivé hier soir à Pala ! on va prendre un verre puis manger un Naschif dans 30 min ! Quelle plaisir de voir enfin celui qui, régulièment, m'envoyait des encouragements et nouvelles par l'intermédiaire de mon blog...

Je vous en dirai plus long après !

Tchuss